Bad Buzz : quand Mango propose des bijoux type « esclave »

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Par Tugdual de Dieuleveult Modifié le 4 mars 2013 à 17h18

C'est un coup dur pour Mango. La marque de pret-à-porter est visée par les internautes pour sa ligne de bijoux siglés "esclave". Pour les internautes (et les autres), l'escalvage n'est pas un style.

"Nous regrettons l'erreur de traduction. Les services compétents sont prévenus et effectueront la correction immédiatement", a indiqué la société sur Twitter. En effet, en espagnol, "esclava" peut se traduire de deux façons : esclave ou chaînette. D'ou la mauvaise traduction sur le site français.

Mais de toute façon, c'est déjà trop tard pour tenter de se rattraper. Une pétition lancée à l'initiative de Sonia Rolland (Miss France 2000) Rokahya Diallo (militante associative) et Aissa Maiga (Comédienne) a déjà recueilli plus de 4500 signatures (le 04/03 à 17h). "Ces bijoux formés de chaînes sont censés faire de l'esclavage un objet de fantaisie et de mode. En réduisant ce crime contre l'humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l'éthique qu'une telle marque devrait défendre".

Ci-dessous le texte complet adressé à Mango :

L'esclavage n'est pas fashion !
Nous venons de découvrir que la marque de prêt-à-porter Mango commercialisait une parure de bijoux "style esclave". Ces bijoux formés de chaînes sont censés faire de l'esclavage un objet de fantaisie et de mode.
L'entreprise Mango banalise ainsi des tragédies qui ont traversé l'histoire de l'humanité et qui frappe encore aujourd'hui des millions d'êtres humains dans le monde.
Pour mémoire les traites et l'esclavage ont fait des dizaines de millions de victimes, provoquant des drames familiaux irréversibles et vidant le continent africain de ses forces vives. La capture, la déportation et le travail forcé de ces être humains s'est accompagné de violences inouïes : coups, amputations, viols, meurtres etc. Leurs conséquences sont encore visibles aujourd'hui, les descendants d'esclaves appartenant aux franges les plus pauvres de la population des anciennes puissances esclavagistes.
C'est pour cette raison qu'en 2001, la France a promulgué la loi Taubira, énonçant : "La République française reconnaît (..) que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien (...) et l'esclavage constituent un crime contre l'humanité."
En réduisant ce crime contre l'humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l'éthique qu'une telle marque devrait porter. L'esclavage n'est pas un " style " pour fashionistas en mal de sensation fortes, ni un créneau commercial. C'est un drame dont il faut respecter la gravité.
A travers cette pétition nous demandons le retrait de tous les objets ainsi que des excuses de Mango qui à travers ces "créations" offense la mémoire des victimes de l'esclavage, leurs descendant-e-s ainsi que celles et ceux qui respectent la dignité humaine.

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Journaliste pour RMC.fr, Tugdual de Dieuleveult a demarré sa carrière à la télévision en réalisant un documentaire pour Canal+/Lundi Investigation (Dieuleveult : enquête sur un mystère). Il s'investit dans l'ONG Solidarité Internationale et part au Darfour en 2008 pour la Journée Mondiale de l'Eau. En 2010, il rejoint l'équipage de La Boudeuse en Amazonie et participe à l'élaboration de deux documentaires diffusés sur France 5. Il se spécialise ensuite sur le web et collabore avec plusieurs rédactions dont Europe 1, Atlantico, Oh My Food et RMC depuis 2012. Il a intégré Economie Matin dès sa création.

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