Université d’été du MEDEF : les patrons en ont assez du matraquage fiscal

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 29 août 2013 à 5h54

C’est sur fond de crise économique et de réforme des retraites que s’est ouverte le mercredi 28 août 2013 la nouvelle édition de l’Université d’été du MEDEF. Trois jours de débats et d’idées qui n’ont qu’un but : faire repartir l’économie et crier haut et fort que les patrons en ont marre de l’augmentation des taxes.

Lors de son discours inaugural, le premier depuis sa prise de fonction, Pierre Gattaz a bien donné le ton de cette édition de l’Université d’été du MEDEF : « Taxer n’est pas réformer ».

Le matraquage fiscal, raison principale du mécontentement

Le discours inaugural de Pierre Gattaz, président du MEDEF, a été marqué par un sujet : le matraquage fiscal. Une manière de rappeler à Jean-Marc Ayrault que sa réforme des retraites ne plaît guère au syndicat des patrons français et que, loin d’être une solution, elle risque de poser des problèmes.

« Surtaxer, c’est créer des chômeurs » a déclaré Pierre Gattaz alors que, comme il le dit lui-même, « je n’ai qu’une seule obsession, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi ». Un discours qui a des airs de prise de position politique du PS mais qui en réalité traduit un mécontentement général chez les patrons : plus il y a de taxes, moins ils sont enclins à embaucher. Et, entre temps, le chômage augmente et la compétitivité de la France reste en berne.

Le campus d’HEC s’est donc transformé en un plaidoyer pour la baisse des impôts pour les entreprises françaises, un leitmotiv du MEDEF qui n’est pas vraiment écouté par le gouvernement. Entre les hausses subies en 2013 et celles que les patrons vont encore devoir découvrir pour 2014, il est vrai que la stratégie du gouvernement est d’augmenter les impôts pour refinancer l’Etat. Une stratégie qui, de l’avis largement partagé par les présents à l’Université d’été du MEDEF, n’est pas payante.

Le MEDEF veut faire entendre sa voix

Un constat a déjà été fait par les patrons français : le MEDEF n’est pas aussi agressif que les syndicats des employés. Et si l’on voit mal les patrons français défiler dans la rue à Paris, ce constat promet de rendre les choses plus difficiles pour les négociations à venir. « Une grève de la TVA » ou encore « Nous avons des moyens de pression : l’impôt et l’emploi. Utilisons-les ! » a crié le président du MEDEF territorial du sud de la France.

Si le syndicat des patrons se radicalise, c’est d’une part pour que le gouvernement cesse d’augmenter les impôts mais aussi en prévision des négociations déjà prévues. Le budget 2014 pourrait bien introduire 4,5 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour les entprerises et cette perspective est loin de ravir.

Il y a même eu des appels à manifester de la part de Jean-François Roubaud, président de la CPGME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), lors d’un accès de colère rapidement éteint.

Pierre Gattaz n’est pas Che Guevara

Mais le nouveau président du MEDEF reste plus calme, plus posé. Il le dit lui-même : « la révolution n’est pas ma tasse de thé » et il n’organisera donc pas un véritable mouvement social des entrepreneurs de France, même si toutes les graines sont réunies pour qu'il voit le jour.

Il fait seulement un constat simple et désolant : les entrepreneurs ne sont pas les salariés et ne vont pas manifester dans la rue pour montrer leur mécontentement. Ils ont une arme plus efficace et plus forte : « ils quittent la France, tout simplement ».

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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