Le « fameux modèle social français » matraque lourdement les classes moyennes, révèle une étude du CREDOC

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 27 novembre 2013 à 9h30

Une étude du Credoc, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, vient remettre à plat quelques idées reçues sur le système fiscal et social français, en pleine "remise à plat de la fiscalité" justement.

Ainsi, selon le rapport du Credoc publié mardi, on apprend que le système français ne serait pas si redistributif que ça, n'en déplaisent aux idées reçues. Les classes moyennes, souvent les plus touchées par la crise et par les mesures fiscales du gouvernement, ne bénéficieraient pas autant de la redistribution fiscale et sociale que dans d'autres pays d'Europe.

Les classes moyennes les plus touchées

Dans le détail, les classes moyennes dites inférieures, dont le niveau de vie est compris entre 1 200 et 1 600 euros par mois pour une personne, verseraient 43 % de leur revenu aux administrations publiques, via les impôts prélevés obligatoirement comme l'IR, la TVA… Et ces contributions sont, d'après l'étude du Credoc, assez proches des sommes reçues en retour au travers des différentes aides sociales, soit environ 42 % de leur revenu disponible. La marge de manoeuvre est ici quasi inexistante.

Nos voisins européenns bien mieux lotis

On est bien loin de ce qui se passe, à ce niveau, en Suède, en Finlande, en Irlande ou encore au Royaume-Uni où ces classes moyennes inférieures sont "mieux soutenues financièrement par les pouvoirs publics", d'après l'étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. Au Royaume-Uni par exemple, pour 34 % de prélèvements obligatoires, les classes moyennes inférieures reçoivent 49 % de leur revenu disponible en aides sociales.

Un effort plus important demandé aux classes moyennes qu'aux hauts revenus

En ce qui concerne les classes moyennes supérieures, les ménages dont le niveau de vie par personne est compris entre 1 600 et 2 700 euros par personne, les prélèvements représentent 43 % des revenus disponibles, pour 33 % d'aides sociales. Ici, aucune marge de manoeuvre en revanche… Là encore, on observe une différence énorme avec d'autres pays européens.

Le Credoc indique en effet que chez certains de nos voisins, les classes moyennes supérieures sont moins prélevées que les hauts revenus. Ce qui n'est pas le cas en France puisqu'on observe un écart de 10 points entre prélèvements à l'aller, et aides sociales en retour pour ces classes moyennes. Un effort qui n'est que de 8 points pour les hauts revenus…

Le système français de protection sociale pas si juste que ça

Des faits justifiés, pour le Credoc, par le côté "assurantiel" et non "redistributif" de notre système de protection sociale. Et bien que les cotisations sont déterminées en fonction du revenu, une partie importante des prestations, comme les salaires de remplacement en cas d'arrêt maladie, le système de retraites, ou le chômage, est proportionnelle aux cotisations versées. Ce qui donne finalement des cotisations élevées, et peu redistributives...

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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