Objets connectés : funs, mais énergivores

Par Anton Kunin Modifié le 29 novembre 2022 à 10h09

Avec un ordinateur, un smartphone, une tablette, voire un système de surveillance d'appartement et un gadget mesurant le temps de sommeil ou le nombre de calories brûlées, l'homme moderne n'a jamais été aussi gaspilleur d'énergie. Une consommation démesurée qui inquiète l'Agence internationale de l'énergie.

Une croissance vertigineuse

À qui la faute? En premier lieu aux "objets connectés", dont le nombre a atteint 14 milliards en 2013. En d'autres mots, il y a aujourd'hui deux objets connectés par terrien. Outre les ordinateurs et smartphones, des objets aussi farfelus que des brosses à dents, des boîtes aux lettres ou des pots de fleurs peuvent aujourd'hui être branchés sur Internet. Même si cela est très marginal et révèle pour beaucoup de la science-fiction, le nombre de ces objets connectés ne devrait qu'augmenter dans les années à venir. L'Agence en prévoit 50 milliards pour 2020 et 100 milliards en 2030.

Une consommation monstre

Ces objets connectés représentent aujourd'hui une consommation de 616 térawatts/heure, à savoir plus que la consommation totale du Canada. Ce chiffre est en hausse spéctaculaire depuis l'avènement d'Internet haut débit. Parmi ses "consommateurs", l'envolée la plus spéctaculaire concerne les réseaux, dont la consommation d'énergie a augmenté de 165 % en 5 ans, en passant d'un peu plus de 200 Twh en 2007 à 330 en 2012. Mais les ordinateurs - objets si familiers et présents dans chaque foyer et bureau - ne sont pas loin derrière, avec un hausse de 127 % sur un an.

Mais les ordinateurs et smartphones ne sont pas les seuls responsables. Si 42 % de cette consommation énergétique revient aux terminaux d'utilisateurs, 21 % sont engendrés par les data centers et 18 % par les équipements réseau. Le fait de débrancher ses équipements quand on ne les utilise pas ne suffira donc pas à lui seul à indiguer les phénomène. Même si, disons-le, une grande partie de la population peut faire des efforts considérables en ce sens.

Le gaspillage d'énergie aux quatre coins du monde

Des études menées un peu partout su la planète dressent un constat alarmant pour les économies d'énegie. Ainsi, en Australie le nombre d'ordinateurs laissés allumés toute la journée et tous les jours a doublé entre 2005 et 2010. Dans les bureaux, les ordinateurs sont allumés et inutilisés 28 % du temps.

En Grande-Bretagne, 18 % des ordinateurs de bureau ne sont jamais éteints pour la nuit et les week-ends et 13 autres % ne sont éteints qu'occasionnellement.

Enfin, aux États-Unis, un sondage a révélé que 32 % des personne interrogées ne savent pas comment paraméterer la consommation d'énergie dans leurs ordinateurs.

Les préconisations

Tout en s'alarmant de l'énorme consommation d'énergie induite par ces appareils, l'Agence internationale d'énergie estime nécessaire la mise en place de standards de performance énergétique minimum, de labels, d'incitations et de récompenses. Une sensibilisation du grand public est également préconisée. Mais si un certain nombre de ces mesures ont déja été introduites dans les pays développés (Corée du Sud, Suisse, États-Unis et Union européenne), la plupart des pays n'ont pas de politique publique en la matière.

Une perspective alarmante

Si rien n'est fait, cette consommation d'énergie "inutile" ne fera que croître, pesant sur les réseaux électriques, qui, dans un nombre important de pays en voie de développement, ne sont tout simplement pas adaptés à cette hausse vertigineuse de la consommation. Ce phénomène aura également un impact sur les inutés de production d'électricité - centrales nucléaires en premier lieu (75% de l'électricité française provient des centrales nucléaires, de plus en plus vieillissantes). Enfin, le porte-feuille des consommateurs risque lui aussi de souffrir, car la transition vers les modes de production d'énergie "verts" demande des investissements de taille et les tarifs d'électricité ne feront qu'augmenter.