Objets connectés et processus métiers : une nouvelle opportunité de marché

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Par Philippe Ozil Publié le 21 novembre 2015 à 5h00
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4,9 milliardsOn compte aujourd'hui plus de 4,9 milliards d'objets connectés en circulation dans le monde.

L’un des sujets les plus débattus ces dernières années est celui de l’Internet des Objets et de l’avènement d’un monde technologique abondant en appareils super-intelligents, capables d’accroître exponentiellement la productivité de tous. Réfrigérateurs, feux de circulation, véhicules et smartphones sont ou seront en mesure de percevoir les activités autour d’eux, et de partager des informations précises et sans contact physique nécessaire. La société commence à peine à mesurer le potentiel illimité de ces nouveaux outils.

Mais une fois que ces appareils intelligents collectent l’information, comment savent-ils comment et quand l’exploiter, et lorsqu’il est inutile de le faire ? Sans des contrôles appropriés, les objets connectés sont comme des chats – fins, aux sens aiguisés, et programmés pour agir selon leur bon vouloir. Cela ne peut satisfaire les besoins actuels et futurs de la société, qui exigent une organisation structurée, productive et intelligente.

Quelles opportunités ?

L’intérêt de la société pour la mobilité connectée dirigera le marché de l’Internet des Objets. En 2020, il est prévu qu’il y aura 10 fois plus d’objets connectés que de téléphones ou d’individus. Un phénomène qui convient au business model des applications orientées processus métier, pour lesquelles la mobilité est un élément clé dans le déploiement de projets.

L’Internet des Objets laissera certainement son empreinte sur les applications orientées processus métiers (ou BPM), et vice-et-versa. Ces dernières servent à lier les individus, les processus, les systèmes d’information, et l’automatisation. Elles peuvent également améliorer la coordination entre les acteurs, qu’ils soient des êtres humains, des systèmes, ou des objets intelligents, puisqu’ils sont tous de plus en plus intégrés au sein des processus métiers, mieux orchestrés par l’automatisation.

Associer les objets intelligents aux applications orientées processus métiers permet d’accroître l’intelligence de ces appareils. L’Internet des Objets implique de pouvoir interagir d’une toute nouvelle façon avec les processus. Par exemple, au lieu de devoir passer par une page web pour déclencher un processus, demain il sera possible de le déclencher, pourquoi pas, à partir d’un biper d’ouverture de garage.

Qu’est-ce qu’un objet connecté intelligent ?

Voici quelques éléments caractéristiques d’un objet connecté intelligent :
· Lorsqu’il y a une interaction avec l’objet, l’action est convertie en données par le biais de capteurs. Par exemple, le fait d’appuyer sur une touche d’un clavier va être converti en données.
· Certains de ces objets disposent d’actuateurs qui leur permettent d’agir sur le monde extérieur comme par exemple émettre du son.
· La logique propre à un objet détermine les interactions entre ses différents composants, c’est à dire son comportement. Par exemple, un son est émis lorsqu’une touche d’un clavier est pressée.
· Enfin, les objets intelligents sont aussi connectés à des systèmes externes. Par exemple, le clavier peut envoyer un code à un appareil extérieur et activer un interrupteur à distance. C’est cette connectivité qui est la clé de l’Internet des Objets car elle permet de les rendre plus intelligents.

Comment intégrer un objet à un processus ?

Le modèle de processus est ce qui définit la logique des actions et l’ordre dans lequel elles sont exécutées. Au sein de ce processus, des tâches ou des actions peuvent être configurées pour collecter les données depuis des appareils tels qu’un smartphone ou un contrôleur. Ces données peuvent ensuite être exploitées pour déclencher de nouvelles étapes dans le processus, impliquant ou non une interaction humaine.

L’une des étapes d’un processus peut aussi être d’envoyer des informations à un appareil externe via une API, essentiellement pour activer sa réponse, provoquant par exemple l’ouverture d’un casier par un interrupteur ou le déverrouillage d’une voiture de location.

Illustration : la gestion des alarmes incendies

Bonitasoft a été amené à travailler sur un processus d’externalisation de sécurité, développé sur la base de la plateforme d’applications Bonita BPM. Le responsable de l’alarme incendie était confronté à de fausses alertes et à des délais de réaction face aux situations d’urgence avec un déclenchement automatiques des extincteurs d’incendies. Pas vraiment pratique quand un laboratoire est en train d’effectuer des tests ou qu’une chaîne de production est en pleine activité dans une usine. Il avait donc besoin d’une meilleure visibilité pour identifier les situations pouvant s’avérer être de réelles urgences.

Pour répondre à ce besoin, Bonitasoft a donc créé une solution utilisant un ensemble de capteurs connectés à une plateforme d’applications de processus métiers, qui alerte les responsables de la sécurité dans des situations d’urgence potentielle. Voici le déroulé des opérations :
· Le capteur détecte une hausse de température au-delà de 25°C dans un intervalle de 10 secondes
· Un processus est déclenché dans Bonita BPM
· Ce processus envoie une alerte par SMS
· Au sein du portail de Bonita BPM, l’utilisateur a accès à une surveillance vidéo en temps réel et peut déclencher une alarme ou annuler l’alerte.

Démonstration avec un matériel à 200$ et Bonita BPM

Bonitasoft a également démontré le potentiel concret de sa plateforme dans le monde réel connecté lors de l’opération « Casiers Partagés ». Deux développeurs ont passés deux jours et ont dépensé moins de 200$ sur un contrôleur Raspberry Pi et un autre matériel pour développer une démo de logique de processus métier et montrer son application avec un objet intelligent dans le monde réel. Voici le déroulé du processus :
· L’objectif est de créer une méthode de livraison directe d’un colis à un destinataire sans passer par un intermédiaire, ni contact physique entre les deux parties.
· L’expéditeur du colis lance le processus par la demande d’un casier vide, depuis un smartphone. Le processus Bonita BPM va générer un code d’accès et l’envoyer au casier ainsi qu’à l’expéditeur.
· L’expéditeur ouvre le casier avec le code d’accès obtenu, y dépose le colis, referme et verrouille le casier, tandis que le processus fait parvenir le code d’accès et la géolocalisation du casier au destinataire.
· Le destinataire peut accéder à tout moment au casier, utiliser le code d’accès qui active le déverrouillage du casier et récupérer le colis.
· L’expéditeur reçoit une notification l’avertissant que le colis a été récupéré.

Le futur est déjà là

Les objets connectés font déjà partie intégrante du quotidien, et sont à l’origine d’une nouvelle façon d’interagir avec notre environnement. Mais les objets connectés ne peuvent pas, de leur propre initiative, collaborer. En revanche, les applications orientées processus métiers peuvent les aider à travailler ensemble. L’Internet des Objets donnent l’opportunité de développer de nouvelles interfaces utilisateur, d’interagir avec des objets programmables comme des montres connectés, des appareils optiques et autres vêtements connectés, ainsi que des objets dédiés tels que tablettes, claviers, ou toutes sortes de télécommandes.

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Philippe Ozil est Technical Evangelist chez Bonitasoft

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