Perspectives économiques pour le Q3 2021

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Par Shamik Dhar Publié le 22 juillet 2021 à 15h42
Croissance Economique France Monde Ocde 2
1,5%L'inflation en France pourrait atteindre 1,5% en 2021

Notre scénario de reprise - qu’on estime probable à 45% - semble similaire à celui proposé par la Fed.

Ainsi, les pays qui mènent tambour battant les campagnes de vaccination bénéficieront d’une meilleure reprise. Leurs voisins qui vaccinent leur population à un rythme plus lent finiront par suivre cette tendance également.

L’inflation reprend aux Etats-Unis mais reste transitoire. Même si le phénomène y est moins important, la zone euro et le Royaume Uni connaissent également une période d’inflation qui restera aussi passagère.

Ainsi, la reprise est plus inégale qu’on ne l’avait espéré début 2021, particulièrement pour les pays émergents, mais, à mesure que les campagnes de vaccination progressent dans le monde, la reprise devrait s’accentuer.

Nous conservons nos deux scénarios d'inflation qui dépendent des réponses des banques centrales à la situation.

L'inadéquation entre une forte demande et une réponse plus hésitante de l'offre entraîne une hausse de la pression inflationniste. Dans ce cas d’un scénario dit de “surchauffe” (probable à environ 15%), cela se traduirait par un véritable phénomène d’inflation durable causé par la “patience stratégique” des banques centrales et leur incapacité à resserrer leur politique jusqu’à ce que que les taux d'inflation enregistrés soient bien supérieurs à l'objectif annoncé et que les anticipations d'inflation commencent à se dé-stabiliser.

C'est particulièrement le cas de la Fed actuellement : la poussée inflationniste est plus forte aux États-Unis, en partie parce que les mesures de relance y sont plus importantes qu'ailleurs et parce que la banque centrale s'est engagée à faire preuve d'une plus grande “patience stratégique" que ses homologues.

En fin de compte, cela pourrait devenir une "erreur de politique" puisque la Fed sera finalement contrainte de resserrer fortement sa politique, ce qui entraînerait une forte baisse des marchés et un ralentissement économique brutal à la fin du Q3.

Le deuxième scénario inflationniste, dit de “durcissement monétaire” (probabilité de 30 %) prévoit une augmentation similaire de la pression inflationniste cette année, mais contrairement au scénario de "surchauffe", les banques centrales réagissent beaucoup plus rapidement.

Plus précisément, la Fed indique que le durcissement serait déclenché à un taux d'inflation moyen inférieur et à un niveau de chômage légèrement plus élevé que dans le cas de la "surchauffe". Il en résulterait un durcissement monétaire plus précoce, mais finalement moins important, qui secouerait les marchés en 2022.

Il se traduirait en fin de compte par un ralentissement économique moins important et plus court que dans le cas de la "surchauffe".

Enfin, le scénario dit de “mauvaise reprise” (probabilité de 10 %) prévoit que de nouveaux variants viendraient perturber la réouverture des économies, les vaccins s'avérant moins efficaces que prévu. Il en résulte la réintroduction de restrictions sociales dans un certain nombre de pays et de nouvelles turbulences économiques. Cela amplifierait également les divergences entre les pays, dans la mesure où le virus se propage davantage et plus rapidement dans les pays actuellement sous-vaccinés, exacerbant ainsi l'inégalité des performances économiques dans le monde.

Cependant, un certain nombre d’économies clés restent sur la voie d'une reprise économique forte et vigoureuse. Je soutiens depuis longtemps que cette récession est différente : elle n'a pas été provoquée par un déséquilibre majeur de l'économie, comme une inflation forte ou un endettement excessif. Il s'agissait plutôt d'un choc exogène qui, une fois passé, permettra un retour rapide aux niveaux d'activité économique préexistants.

Nous sommes prêts à entrer dans cette phase au cours des prochains trimestres, avec des perspectives positives pour les marchés, car une reprise économique générale facilitera également une reprise générale des marchés.

À l'avenir, les marchés continueront de surveiller de près les communications de la Fed.

Les marchés resteront également attentifs à la poursuite de la progression du marché du travail, au comportement des consommateurs dont l'épargne supplémentaire accumulée depuis le début de la pandémie est conséquente et au niveau de l’inflation associée.

Si le marché de l'emploi conserve une position "relâchée" et si l’inflation reste effectivement transitoire, un ralentissement de la politique de la Fed est encore possible.

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Chef Economiste chez BNY Mellon Investment Management

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