Perturbateurs endocriniens : le Parlement européen bloque la proposition exemptant certains pesticides

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
Par Laure De Charette Modifié le 5 octobre 2017 à 15h33
Engagements France Ecologie Decision Ocde Risque Objectifs%20pollution
157Les maladies liés aux perturbateurs endocriniens coûtent chaque année à l?Union européenne 157 milliards d?euros.

Le Parlement a bloqué, mercredi 4 octobre 2017, une proposition de la Commission qui aurait exempté certaines substances pesticides d’être identifiées comme perturbateurs endocriniens.

Quels critères de définition ?

Selon les députés, la Commission européenne a outrepassé son mandat en proposant d’exempter certaines substances volontairement conçues pour s’attaquer au système endocrinien d’un organisme, comme dans les pesticides, des critères d’identification.

L’objection a été adoptée par 389 voix pour, 235 voix contre et 70 abstentions, obtenant la majorité absolue requise pour bloquer la proposition. Par conséquent, la Commission européenne devra revoir son projet et rédiger une nouvelle version du texte, en prenant en compte la contribution du Parlement.

La législation européenne exige que les pesticides ou biocides n’aient pas d’effets perturbateurs endocriniens sur d’autres espèces que celles ciblées. Afin d’appliquer cette législation, l’UE a besoin d’une liste de critères scientifiques pour identifier les perturbateurs endocriniens.

La proposition de la Commission européenne concernait les critères scientifiques visant à identifier les propriétés de perturbateurs endocriniens des substances chimiques. L’identification de ces critères scientifiques est un premier pas vers des mesures visant à réduire leur présence et à protéger la santé des citoyens.

Une "menace mondiale" selon l'OMS

En décembre 2015, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que la Commission européenne avait violé la législation de l’UE en ne publiant pas les critères déterminant les perturbateurs endocriniens. Ces critères auraient dû être communiqués fin 2013 et les députés ont appelé à plusieurs reprises l’Union à prendre des mesures rigoureuses à l’égard de ces substances.

Un rapport de l’OMS a qualifié les perturbateurs endocriniens de "menace mondiale", faisant notamment référence à la hausse de nombreux troubles liés aux perturbateurs endocriniens chez l’homme et les espèces sauvages. Un lien a été établi entre l'exposition aux perturbateurs endocriniens et des pathologies (infertilité, cancer, malformations), et ces substances pourraient également avoir des effets sur la fonction thyroïdienne, les fonctions cérébrales, l'obésité et le métabolisme ainsi que l'insuline et l'homéostasie du glucose, précise le rapport.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

Laisser un commentaire

* Champs requis