François Hollande et autres petits politiciens ordinaires

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Par Rafik Smati Modifié le 29 novembre 2022 à 10h08

François Hollande est l'archétype de ce que produit la vie politique française depuis plusieurs décennies : un personnage sans hauteur de vue, sans vision d'avenir, tacticien à défaut d'être stratège, et somme toute assez peu patriote. En d'autres termes, un homme qui manque cruellement de grandeur. A sa décharge, il n'est pas le seul à être atteint de cette faiblesse dans le paysage politique actuel. Son statut de président de la République cristallise cependant sur lui toutes les désillusions d'un peuple résigné qui ne croit plus en l'action publique.

Dans ce contexte global de discrédit des élites, la politique pourrait pourtant encore contenir un très fort potentiel de transformation. Mais il y a deux conditions à cela : d'une part, que ceux qui sont au pouvoir poursuivent un but, un vrai. Et d'autre part, que ces dirigeants politiques associent toutes les forces vives de la nation à la mise en oeuvre de ce but.

L'exemple historique que je vais vous livrer, peu connu, va vous éclairer sur l'idée que je me fais de l'action politique, et sur le costume que devrait endosser un président de la République. Vous allez voir à quel point nous sommes loin des petites considérations politiciennes actuelles et de la France de François Hollande...

C'est l'histoire de la plus grande forêt d'Europe : la forêt landaise, en Aquitaine. Un massif de près d'un million d'hectares, qui s'étend sur une longueur de 220 km et sur une largeur de 130 km. Elle abrite aujourd'hui des dizaines de millions de pins maritimes. Figurez-vous que cette forêt n'est pas une forêt naturelle, mais le fruit d'une volonté politique ! Elle est, en réalité, l'une des plus belles conquête que la France ait pu mener ces deux derniers siècles...

Nous sommes au début du 19ème siècle. Les terres landaises sont marécageuses et la zone est infestée de moustiques. A l'ouest, les dunes prennent du terrain et menacent d'envahir l'intérieur des terres. Que faire devant une telle menace naturelle ? L'Empereur Napoléon III décide de s'emparer du sujet et d'en faire une cause nationale. C'est la loi du 19 Juin 1857.

La stratégie utilisée est riche en enseignements. Tout d'abord, l'Empereur charge un ingénieur des Ponts et Chaussées, Jules Chambrelent, de coordonner les expérimentations des scientifiques et des agronomes. Il est rapidement établi que le fait de planter des pins maritimes permettait d'une part de constituer une barrière naturelle contre les dunes, et d'autre part d'assécher le sol. Ensuite, la mise en oeuvre de cette stratégie ambitieuse doit être parfaitement pilotée sur le terrain. Pas question, donc, de tout orchestrer à partir de Paris. Les maires de la région se voient confier la responsabilité de privatiser le plus grand nombre de parcelles à des propriétaires privés qui, en contrepartie, prennent l'engagement de planter des pins selon le cahier des charges établi.

Et c'est ainsi, en quelques décennies à peine, et grâce à la mobilisation de tous, que la France réussit à vaincre les éléments et à capitaliser durablement sur l'avenir. Aujourd'hui, la forêt landaise est le poumon de la France en absorbant une quantité considérable du CO2 que nous émettons. Elle fournit une grande partie de notre industrie en bois, et représente 13% des emplois industriels de la région Aquitaine ! Tout cela grâce à une impulsion politique puissante qui date de 1857, et grâce aussi à l'implication très forte des collectivités locales et des forces vives du terrain...

Revenons au présent. Qui oserait aujourd'hui se lancer dans un tel chantier ? Malheureusement plus grand monde. Tel est, d'ailleurs, le drame de la France. Nous avons renoncé à l'esprit de conquête, la prise de risque est mise à mal par un principe de précaution absurde et décadent, et les forces vives de notre pays sont paralysées par un Etat devenu obèse...

Voyez-vous, cet exemple de la forêt landaise illustre parfaitement l'idée que je me fais de l'action politique. Le rôle d'un chef d'Etat est de définir un but élevé, audacieux et fédérateur. Son action consiste ensuite à mettre en musique la grande partition collective en se donnant comme ligne de conduite de ne surtout pas chercher à tout contrôler, mais au contraire de miser sur les vraies forces de transformation que sont les entreprises, les collectivités locales, les universités, les centres de recherche, l'armée...

Alors, au service de quels projets devrions-nous agir ainsi aujourd'hui ? Quelles sont les « nouvelles forêts des Landes » à conquérir ? Trois sujets me tiennent particulièrement à coeur. L'énergie, d'abord, qui est l'enjeu autour duquel s'articule la troisième révolution industrielle. Les NBIC (Nano-technologies, Bio-technologies, Intelligence artificielle, sciences du cerveau), ensuite, qui sont au coeur de la conquête du vivant. Et le numérique, enfin, grâce auquel nous sommes désormais tous interconnectés. Investir massivement dans ces trois domaines, c'est révolutionner l'emploi, la croissance, la recherche, l'éducation, l'urbanisme, la santé, le vivre ensemble... Qu'attendons-nous donc pour monter dans le train de cette troisième révolution industrielle ?

Malheureusement, nos dirigeants politiques actuels sont dans l'incapacité d'accompagner ce mouvement. Trop accaparés par leurs querelles de chapelle et aveuglés par les apparats du pouvoir, la plupart d'entre eux ne saisissent plus rien aux mutations du monde et passent à côté de l'essentiel. A l'instar de François Hollande, ils en deviennent petits tellement ils manquent de hauteur. Ils sont les prisonniers d'une logique de carrière qui les conduit à devenir court-termistes et lâches, et ont abandonné depuis longtemps audace et créativité. Aussi, comment pouvons-nous imaginer une seconde que la France puisse être sauvée par ceux qui l'ont anéantie ?

Je ne trahirai pas de secret en vous disant que je lancerai à l'automne un mouvement qui portera le nom de #Objectif France. Je dévoilerai aussi à ce moment là ce qui me semble être le but à poursuivre pour la France et décrirai les nouvelles conquêtes que nous devons mener. Je suis déjà accompagné dans cette démarche par de nombreuses personnalités de la société civile. Alors vous aussi, si l'envie de faire bouger les lignes à nos côtés vous séduit, vous pouvez dès à présent rejoindre les pionniers du mouvement en nous soumettant une demande invitation (en cliquant sur ce lien).

Soyons-en convaincus : la France n'est pas sortie de l'histoire ! Tel est le sens de mon engagement. Alors, mes amis, fédérons-nous ! Soyons créatifs ! Bousculons les conservatismes ! Prenons le pouvoir ! Et par dessus tout : aimons la France !

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Rafik Smati est chef d'entreprise reconnu dans le domaine de l'Internet. Il dirige le groupe Aventers (Dromadaire, ooprint...), l'un des premiers acteurs indépendants du web français.Il a publié en mars 2012 "Révolution Y", essai dans lequel il trace les contours d'un projet révolutionnaire qui pourrait être porté par la jeunesse.Il est aussi l'auteur de "Eloge de la vitesse" (2011) et de "Vers un capitalisme féminin" (2010).   Vous pouvez retrouver tous ses écrits sur son blog : http://www.rafiksmati.fr/