Pour 11,5 millions de personnes chauffage et électricité sont trop chers

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 3 octobre 2014 à 9h21

L'électricité et le chauffage ne sont pas « trop chers » dans le sens où ils aimeraient que les prix baissent (qui ne l'aimerait pas ?) mais « trop chers » dans le sens qu'ils leur coûtent une partie trop importante de leur budget. C'est l'Observatoire nationale de la précarité énergétique (ONPE) qui l'annonce, après avoir revu ses modes de calcul... entraînant une forte hausse du nombre de personnes considérées en « précarité énergétique ».

3 millions de personnes de plus en « précarité énergétique »

Les nouveaux modes de calcul sont plus précis et notamment prennent en compte une donnée subjective : celle « d'avoir froid ». Car jusqu'à présent le calcul était simplement mathématique : si plus de 10% du budget mensuel d'un ménage était absorbé par les factures énergétiques, alors le ménage en question était considéré en « précarité énergétique ».

L'ancien mode de calcul établissait donc mathématiquement que 3,8 millions de ménages, soit 8 millions de personnes, se retrouvaient dans cette situation critique. Un nombre bien trop important mais loin de la réalité.

Le nouveau mode de calcul de l'ONPE fait état d'une situation encore plus dramatique : 5,1 millions de ménages sont dans cette situation. Soit 11,5 millions de personnes... ou un cinquième de la population française.

Le nouveau mode de calcul

L'ONPE prévient déjà que « les moyennes nationales ne rendent pas compte de l'ampleur du phénomène avec suffisamment de précision ». Raison pour laquelle l'Observatoire a intégré de nouveaux paramètres... et en intégrera peut-être encore d'autres.

En plus de la question du budget alloué aux factures de chauffage et électricité, désormais la « sensation de froid » est comptée. Ce nouveau paramètre, certes subjectif, permet d'inclure dans la situation de « précarité énergétique » ces ménages qui ont réduit leur chauffage pour faire des économies, et se sont donc retrouvées dans le froid. Or, pas moins de 40% des Français auraient usé de cette technique durant l'hiver 2013 afin de réduire leurs factures.

La question du budget est également revue en finesse : désormais l'ONPE prend en compte les revenus mais également la surface du logement. Ainsi faisant, certains ménages dont le logement est mal isolé et trop grand, une situation courante en zone rurale, entrent dans la qualification de ménage en précarité énergétique.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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