Rafale : l’Etat prêt à débourser un milliard d’euros pour moderniser le chasseur

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 10 janvier 2014 à 14h23

Le Rafale, ou l'histoire d'un appareil qui ne se vend pas… Après ses récents déboires au Brésil, le ministère de la Défense a décidé d'aligner environ un milliard d'euros pour améliorer son avion de chasse, dans le but de le rendre plus compétitif que ses rivaux. Mais le problème est-il vraiment là ?

Attendu à Mérignac, en Gironde, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a officialisé ce vendredi un contrat passé par l'Etat à Dassault Aviation, dans le but de moderniser son chasseur Rafale, qui enchaîne, depuis sa création, échec sur échec à l'export. Ce programme, a pour objet, selon les mots du ministre, "d'investir dans le secteur de l'aéronautique de combat, pour le maintenir au meilleur niveau mondial". Avant d'ajouter que "c'est également la garantie de disposer sur le long terme d'une ligne de produits qui répondront aux exigences de l'export".

Quatrième standard de modernisation pour le Rafale de Dassault

Les nouveaux Rafale, mis au standard dit F3-R, devraient être livrés à horizon 2018. Pourtant le Rafale est un avion qui ne cesse d'évoluer. Depuis sa mise sur le marché, et sa mise en service dans l'armée de l'air et la marine nationale, l'appareil multi-support enchaîne les différents standards, F1, F2 et F3. Ce nouveau contrat représenterait la somme de 810 millions d'euros, comme l'a indiqué le ministre de la Défense, un milliard d'euros selon le quotidien économique Les Echos.

Dassault doit encore livrer 26 Rafale au ministère de la Défense

Dans le détail, le standard F3-R devrait permettre à l'appareil d'être équipé à l'avenir de nouveaux systèmes embarqués, comme le futur missile air-air européen Meteor. Une arme qui équipera également les principaux concurrents du Rafale, le chasseur Eurofighter et le Gripen de Saab. Un contrat enfin bienvenu pour Dassault Aviation qui voit ses contrats de vente diminuer comme peau de chagrin. Car outre le ministère de la Défense, qui prévoit encore l'acquisition de 26 autres Rafale, l'industriel français ne compte aucun client pour son chasseur.

Le Brésil a préféré le Gripen suédois au Rafale français

Car le Rafale ne se vend pas. Dernièrement, c'est le Brésil qui a refusé le chasseur français au profit du suédois, le monoréacteur Gripen. Le gouvernement brésilien a passé une commande de 36 appareils à Saab, qui a donc coupé l'herbe sous le pied des Français. Quant à exporter des Rafale en Inde, un dossier qui traîne en longueur, cela n'est pas pour aujourd'hui avec le récent décès du négociateur indien du contrat en octobre dernier.

Rafale : la qualité a un prix... trop élevé

Le chasseur français porterait-il la poisse ? En matière de technologie, il vaut en tout cas largement ses concurrents. Reste que sur les trois points habituellement étudiés lors de contrats de vente de chasseurs : le transfert de technologies, l'entretien et le prix de l'appareil, le chasseur de Dassault Aviation se laisse distance au moins sur deux. Le prix, prohibitif, et l'entretien, tout aussi coûteux. Un Rafale, au prix unitaire, coûte aujourd'hui environ 101 millions d'euros. Là est peut-être le vrai problème…

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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