La France aurait versé une rançon de 7 millions de dollars pour faire libérer les otages français au Cameroun

Photo Jean Baptiste Giraud
Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 26 avril 2013 à 5h16

La France aurait payé une rançon de sept millions de dollars (soit 5,5 millions d'euros) pour obtenir la libération des otages français, les Moulin-Fournier, après soixante jours de captivité, le 19 avril.

D'après I-Télévision, cette rançon aurait pû avoir été payée par GDF-Suez, employeur de Tanguy Moulin-Fournier, à la demande de l'Elysée (l'Etat est actionnaire à 36 % du groupe). Ou bien cette rançon aurait été payée par le président du Cameroun Paul Biva, sur ses "fonds propres", dont on se doute qu'il ne les a pas donnés sans contrepartie ou garantie de remboursement d'une manière ou d'une autre...

Deux hypothèses qui contredisent la version officielle de Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères et celle de François Hollande, qui ont affirmé le jour de la libération qu'aucune rançon n'avait été versée.

Ajoutons qu'il est désormais certain que des mercenaires soldats de Boko Aram, qui détenait les otages français, ont été libérés consécutivement à la libération des otages français, au Nigéria et au Cameroun.

Le groupe GDF Suez sollicité par i-Télé, n'a pas démenti ni confirmé le versement d'une rançon.

La date du 19 avril n'est pas neutre, et le choix de payer une rançon, contrairement à la "doctrine de la France", s'explique : Le 19 avril, la France est alors en pleine polémique sur le mariage pour tous, et les Moulin-Fournier sont des otages un peu particuliers : c'est une famille nombreuse avec quatre enfants, en bas âge, famille notoirement catholique, versaillaise, et pour laquelle les milieux catholiques ont pris fait et cause sur les réseaux sociaux Les mêmes milieux fortement impliqués dans le mouvement de La Manif pour tous qui se radicalise, avec l'accélération du vote de la loi à l'Assemblée.

En obtenant la libération des otages en pleine crise de politique intérieure, libération qui rassemble furieusement à celle des infirmières bulgares par Nicolas et Carla Bruni Sarkozy, l'éxécutif aurait ainsi tenté de déminer un peu le terrain explosif. Malheureusement le bénéfice de la libération des otages a semble-t-il été quasi nul, survenu un samedi matin, avec un faible relais médiatique, les médias étant noyés sous les affaires et la polémique qui n'en finit pas autour du Mariage pour tous, et du décompte truqué des chiffres des manifestants de la Manif pour tous.

La manifestation du 21 avril, improvisée, a rassemblé 45 000 manifestants à Paris selon la Police, 270 000 selon les organisateurs, et les organisateurs appellent à de nouveaux rassemblements les 5 mai et 26 mai prochains.

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).