Pourquoi le rapport Gallois peut sauver la compétitivité française

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Par Guillaume Cairou Publié le 5 novembre 2012 à 11h10

Le poids actuel des cotisations sociales qui pèsent sur les entrepreneurs français est de 22 points plus élevé en France que chez notre voisin Allemand.

Qui peut sérieusement contester le fait que cela est un handicap évident et que cela ne peut plus durer ? Ouvrons les yeux, depuis vingt ans, la part de marché des entreprises françaises est passée de 7,1 % à 3,9 % des échanges mondiaux, va-t-on vraiment attendre que cette part soit nulle pour réagir ?

Pour un même coût du travail, 4 000 euros brut, nous entrepreneurs, payons 1 217 euros de charges patronales alors que notre voisin allemand n'en paye que 695. C'est près du double. Et le salarié français perçoit un salaire net de 2 400 euros, alors que le salarié allemand reçoit un salaire net de 2 615 euros. Résultat : ce sont les salariés français et l'emploi en France qui sont pénalisés. Comment peut-on à partir de ce constat simple mais issu de notre quotidien d'entrepreneur, nier que notre pays connaît un problème de coût du travail ?

Arrêtons la caricature ! Entreprendre, ce n'est pas spéculer, défiscaliser et s'exiler. Au contraire, c'est créer, bousculer, défricher, conquérir. Ce problème de compétitivité nuit à l'expression de l'audace créatrice de nos talents dont il faut arrêter l'exode. Nous, entrepreneurs, demandons au Gouvernement de nous entendre, de nous comprendre et d'agir maintenant ! L'obsession de l'entrepreneur français c'est de se développer.

Pourquoi dès lors une entreprise ne pourrait-elle pas travailler plus de 35 heures quand elle rencontre une période tendue de production par exemple ? Nous entrepreneurs ne pouvons plus accepter l'incapacité de nos dirigeants à prendre les mesures que tout le monde connait depuis des années pour redresser notre économie.

Il y a notamment trois points incontournables à nos yeux dans ce que le rapport Gallois préconise.
- Réduire les dépenses publiques pour alléger le fardeau fiscal. La question n'est pas comme nous l'avons trop entendu de payer une facture qu'on ne peut pas payer mais de faire baisser cette facture. Et nous nous félicitons du fait que le Rapport Gallois souligne sans détour cette réalité cruelle.

- Il faut instaurer une TVA compétitivité pour rendre les produits étrangers plus chers et favoriser les produits français. Nous regrettons son abrogation qui allait de pair avec une baisse des cotisations sociales sur les salaires de nos salariés comme l'évoque clairement le rapport Gallois. Sur la hausse de la CSG prônée par le rapport Gallois : La croissance ne se décrète pas. Il faut en créer les conditions. Aucun autre pays n'envisage de doper la croissance en augmentant le coût du travail. Un smicard paye déjà 1300 euros de CSG par an, soit plus d'un mois de smic, trouve-t-on cela insuffisant au point de le faire contribuer encore plus ?

- Simplifier les démarches entrepreneuriales, administratives, sociales et fiscales. 6000 dispositifs d'aide aux PME existent. Comment peut-on se repérer dans un tel labyrinthe ? Ce n'est pas tout, des seuils poussent le patron à s'inquiéter dès qu'il veut embaucher un 10e salarié car il va avoir 50 nouvelles obligations à remplir à partir de ce stade. Il faut faire sauter ces verrous pour créer des emplois.

Les premières victimes en sont d'ailleurs les plus jeunes et les séniors dont le rapport Gallois est une bouée de sauvetage qui peut éviter qu'ils soient les premières victimes d'un marché du travail trop rigide. Nous ne pouvons plus attendre. Tous nos indicateurs sont au rouge, du commerce extérieur à la recherche. Le constat est acablant, n'attendons plus.

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Fils d’ouvrière d’origine serbe, autodidacte, éducateur puis enseignant en banlieue, c’est au chômage à 30 ans que Guillaume Cairou crée Didaxis, pionnier du portage salarial. Aujourd’hui 15e recruteur français, classé dans le Fast 500 européen des entreprises par Deloitte, il a permis à plus de 10 000 personnes de créer durablement leur emploi.

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