Redevance : le président de Radio France veut une contribution universelle et automatique

Par Olivier Sancerre Modifié le 5 novembre 2017 à 16h59
Redevance Universelle Automatique 2
138 EUROSLa redevance coûte 138 euros en 2017.

Et si la redevance était payée non plus uniquement par les propriétaires de télévision, mais… par tout le monde ? C'est la proposition de Mathieu Gallet, le président de Radio France, qui fait partie d'une mission chargée par le gouvernement de réfléchir à l'avenir de l'audiovisuel public.

Dans une interview au Journal du Dimanche, le dirigeant donne une piste de réflexion concernant l'avenir de la redevance. Le chantier a été ouvert de nouveau par le ministère de la Culture, et la réflexion doit prendre fin en 2019. Il y a urgence : la redevance est en effet payée en même temps que la taxe d'habitation, qui doit disparaitre pour 80% des foyers dans trois ans. La proposition du président de Radio France est relativement simple : « instituer une redevance universelle et automatique ».

Un effort commun

Dans cette optique, « comme en Allemagne ou en Suisse », chaque foyer fiscal contribue à l'effort. Cela règle le casse-tête d'une redevance qui ne s'applique qu'aux téléviseurs alors que l'on regarde désormais les programmes TV sur bien plus d'écrans (tablettes, smartphones, PC…). « Cela n'a plus de sens compte tenu des modes de consommation des médias actuels », ajoute Mathieu Gallet. L'argent récolté par cette contribution universelle abonderait un fonds d'aide à la « transition numérique et à la transformation des organisations », sur le modèle du système qui a permis le renouvellement des salles de cinéma.

Un player unique

L'audiovisuel public a d'autant plus besoin de cette remise à plat qu'il fait face à des acteurs mondiaux dont les moyens sont colossaux. Un des objectifs du fonds serait de développer un « player commun » diffusant l'ensemble des programmes produits par les chaînes et radios françaises, « comme le fait Hulu aux États-Unis ». Mathieu Gallet demande aussi aux pouvoirs publics de faire travailler tout le monde autour de la même table, aussi bien les acteurs privés que publics.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.