Réduction des dépenses publiques : et si l’État économisait sur l’informatique ?

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Par Eric Chicha Publié le 5 mai 2014 à 13h12

Il y a quelques jours, le Premier ministre français Manuel Valls annonçait que les efforts de réduction des dépenses publiques concerneraient l’Etat à hauteur de €18 milliards. Parmi les postes de réduction des coûts incontournables, le fonctionnement des ministères est au premier plan, ainsi que les dépenses informatiques qui devraient se réduire de 20% à 40% d’ici 3 à 5 ans.

Cette annonce pourrait paraître surprenante lorsque l’on connait la place qu’ont prise les technologies informatiques dans la politique publique. Par exemple, qui imaginerait aujourd’hui ne pas pouvoir déclarer ses impôts en ligne ? Mais le système informatique global de l’Etat, comme celui de nombreuses grandes entreprises, s’est construit par étapes et par strates, obligeant des technologies obsolètes et innovantes à cohabiter. Cette situation a eu pour conséquence de multiplier les postes de dépenses sans toujours augmenter les performances ou permettre la création de nouveaux services. D’autre part, l’arrivée à maturité des technologies de virtualisation représente une vraie opportunité pour les organisations de repenser leur infrastructure informatique pour plus de flexibilité à moindre coût. L’Etat a tout intérêt à saisir cette chance et le gouvernement l’a bien compris.

Cependant, le défi auquel il va devoir faire face dans sa lutte pour réduire des dépenses informatiques de l’Etat est multiple. Le premier concerne bien sûr l’amélioration des ressources logicielles et matérielles, c'est-à-dire l’infrastructure informatique, qui doit permettre d’offrir plus de flexibilité et de réactivité aux ressources ministérielles tout en réduisant les coûts.

Le second est lié à la rationalisation des procédures et à l’évolution des compétences, indissociables de la transformation, qui permettent l’optimisation et le redéploiement des ressources allouées au développement des applications ainsi qu’à la gestion et au maintien du système d’information. Sur ces deux points, l’objectif du gouvernement est ambitieux mais réaliste ; nous observons en moyenne une réduction des coûts IT comprise entre 20 et 30% chez nos clients qui implémentent des projets de transformation en s’appuyant sur des technologies et des processus relevant du Cloud Computing.

Enfin, il est évident que tout projet de transformation informatique concernant des services publics devra se faire de façon à assurer une bascule transparente pour les utilisateurs. Le gouvernement devra donc agir en respectant des délais précis tout en gardant à l’esprit que les changements doivent à terme pouvoir faciliter la création de nouveaux services réactifs pour les citoyens. Finalement, l’enjeu ne doit pas être seulement la réduction des coûts mais également l’augmentation de la flexibilité et des performances des ressources ministérielles en charge du développement de nouvelles applications. C’est sur ces critères que nous pourrons estimer le succès de la transformation informatique de l’Etat.

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Directeur senior de la division Global Services chez EMC France 

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