Réduire le nucléaire à 50% c’est possible sans « casse »

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Par Daniel Moinier Publié le 22 juillet 2020 à 15h20
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50%Le nucléaire devrait représenter 50% de la production électrique en France en 2030.

Sur RTL le 16 juillet 2020, Barbara Pompili a annoncé le projet de ramener la production d’électricité nucléaire à 50% au lieu de 70% actuellement, avant fin 2035. Ce n’est pourtant pas nouveau puisque François de Rugy l’avait programmé pour fin 2025, objectif jugé irréaliste par Nicolas Hulot son successeur, sans fixer de date précise mais en évoquant 2030-2035.

Début 2018, c’est le premier ministre Edouard Philippe qui avait évoqué 2035, date qui sera arbitrée dans le PPE.

En 2017, François de Rugy candidat à la primaire de la gauche avait « tapé fort » en annonçant en 2017, la sortie du nucléaire pour 2040 !

En 2019, le nucléaire représentait 70,6% de la production d'électricité en France. C'était 77% en 2014, 55% en 1984, 37% en 1981. C'est en 1963 que le premier réacteur de 4 MW a produit de l'électricité d'origine nucléaire à Chooz.

Le nucléaire est le troisième employeur industriel français faisant travailler 2500 entreprises représentant 220.000 salariés derrière l'aéronautique et l'automobile, soit 46 milliards de CA dont 14 Mds de TVA, 1,8 Mds de R&D, c’est aussi la 4ème branche la plus innovante de France.

Le nucléaire français avec un coût de 59,8 euros (42 € avant la remise à niveau) le Mégawatheure est 22% moins cher qu'en Allemagne. Par comparaison aux 88 MWH de l'éolien, 100 MWH du photovoltaïque et des centrales charbon et gaz. Seule l'énergie hydraulique est nettement moins chère avec 15/20 MWH.

Dans le monde, le nucléaire représente 16% de l'électricité mondiale, 41% pour le pétrole, 21% pour le gaz et le charbon et 10 % pour le renouvelable.

Le coût du combustible nucléaire ne représente que 5% alors que le charbon c'est 40% et le gaz 70%.

La consommation moyenne par habitant n’a fait que croître pendant de longues années (1970 à 2010) puis a marqué le pas, avec des variabilités économiques :

La courbe de la consommation électrique (moyenne par habitant : Particuliers + Industries etc.) est passée de 1800 KWH en 1960, à 2626 en 1970, 3900 en 1980, 6000 en 1990, 7700 en 2000, 7734 en 2010, 6940 en 2014 et près de 7600 en 2019.

Deux noirs dans la production des renouvelables

Le premier point noir n’est pas souvent évoqué et pas facile à gérer financièrement par les entreprises distributrices d’électricité (qui sont obligées conventionnellement par l’état de racheter ces nouvelles production), c’est le coût beaucoup plus important des nouvelles énergies même si celui-ci s’est déjà bien réduit au fil des années.

Alors que le coût du nucléaire est de 59,8 euros le mégawatheure, celui de l’éolien est encore à 88, celui du photovoltaïque et des centrales gaz ou charbon de 100.

Un autre point noir, c’est l’irrégularité de la production de l’éolien et du photovoltaïque. Pour le premier, c’est la variabilité du vent, le deuxième, c’est celle de l’ensoleillement. Plus de soleil égal plus de production généralement l’été, période de moindre consommation. Tant que l’on n’aura pas résolu le problème du stockage ce sera très difficile d’assurer une production constante et adaptée. Ce qui est le cas du nucléaire.

Regardez la production d’une journée, vous verrez que les pourcentages par type sont très différents de ceux donnés globalement sur une année. (sur internet)

Vous pouvez constater que le secteur Résidentiel et tertiaire a connu une expansion extraordinaire au détriment des secteurs de l’industrie/sidérurgie.

Ci-dessous un tableau détaillant toutes les branches de production d’électricité avec l’évolution des nouvelles énergies depuis 2010

Vous pouvez constater que la part du nucléaire a chuté progressivement depuis 2011 passant de 421,1 TWH à 379,5 en 2019 soit moins 10%. Un rappel : La loi de transition énergétique de 2015 a plafonné la capacité du parc nucléaire français à 63,2 GW.

Avantages du nucléaire :

  • Une énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre ;

  • Des centrales dont la capacité de production s'adapte aux besoins de la population ;

  • Une ressource qui permet à la France d'être indépendante et de ne pas avoir à importer son électricité

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Inconvénients du nucléaire :

  • Des déchets nucléaires qu'on ne sait toujours pas recycler ;

  • Des ressources en uranium limitées ;

  • Un problème de sécurité croissant ;

  • Coût important du grand carénage des centrales nucléaires.

PROPOSITION

Pour ne pas désorganiser le marché, bouleverser toute la filière et faire "souffrir" toute la population concernée, une hypothèse pourrait être envisagée, ce serait de garder le nucléaire tel qu'il est, tout en développant rapidement toutes les énergies renouvelables.

Puisque les projets écologiques prévoient des relocalisations importantes, des productions plus locales, les emplois pourraient augmenter. Ce qui avec l’augmentation des transports électriques (avant l’hydrogène) devrait booster la consommation d'énergies notamment électriques.

Il suffirait d’augmenter les énergies renouvelables de 4% par an pour obtenir la parité de pourcentage entre les deux types de production. Sous réserve que la consommation augmente aussi de 4% l’an. Voire aussi quelles sont les possibilités d’augmenter les ventes d’énergies export.

Si la proposition est trop ambitieuse, il peut être possible de fermer les réacteurs les plus anciens tels ceux du Bugey ou de Dampierre et ou passer de 2035 à 2040 pour arriver au 50% de part du nucléaire.

A réfléchir pour concilier les pours et les contres, mais aussi minimiser les impacts sur les entreprises, les populations, l’emploi…

www.danielmoinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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