Les robots ne menaceraient que 10 % des emplois, vraiment ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 12 janvier 2017 à 6h38
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50%Certaines études estiment que 50 % des emplois pourraient être remplacés par des robots à l'horizon de 2035.

Le COE, Conseil d’orientation pour l’Emploi, s’est attaqué à la question de la robotisation des emplois qui inquiète de plus en plus les Français et les citoyens du monde entier. Des études prêtent aux robots la possibilité de remplacer près de la moitié des emplois du monde entier mais pour le COE il n’en n’est rien. Si des emplois seront supprimés, il n’y a pas raison de s’alarmer.

Les robots ne remplaceraient que les employés non qualifiés

Dans une étude publiée jeudi 12 janvier 2017 le COE se veut rassurant : les Français ne devraient pas perdre leur emploi au profit d’un robot ou d’une intelligence artificielle. Selon l’organe gouvernemental, en effet, les robots n’auraient la capacité de remplacer qu’environ 10 % des employés. Sans surprise, il s’agit de métiers manuels et peu qualifiés, précise l’étude, et l’industrie, qui a déjà largement commencé à automatiser ses usines, est en première ligne pour la suppression de postes.

Les caissiers, déjà remplacés par des caisses automatiques, les agents d’entretien, les ouvriers non-qualifiés… tous ces postes sont à risque, en effet, mais le COE estime que la perte d’emplois liée à l’automatisation peut être compensée par des mesures.

Les emplois vont plutôt évoluer

Selon le COE, il existe effectivement un risque pour 50 % des emplois mais il ne concerne pas une potentielle suppression. Les nouvelles technologies entraîneraient une évolution des postes à fort potentiel d’automatisation, essentiellement dans le secteur des services. On peut imaginer, par exemple, le poste de « surveillant » d’une flotte de voitures autonomes ou encore la vérification manuelle des réservations d’hôtels.

Ainsi, les postes ne seront pas supprimés et les personnes ne perdraient pas leur emploi : l’emploi évoluerait et viendrait compléter la tâche réalisée par le robot, selon le Conseil d’orientation pour l’emploi qui a donc une position beaucoup plus positive concernant la robotisation.

Qu’en sera-t-il dans dix ou vingt ans ?

Reste que cette étude prend le contre-pied de celles déjà publiées et ne concerne que la robotisation « au vu des avancées technologiques actuelles ». Entre 2007 et 2017, par exemple, la technologie a fait des bonds de géant : difficile de savoir quel sera l’état des technologies dans une dizaine d’année et si, d’ici-là, le nombre d’emplois menacés n’aura pas explosé.

On voit déjà, d’ailleurs, les robots prendre la place des humains là où on ne les attendait pas : début 2017 l’assureur japonais Fukoku Mutual Insurance a remplacé 34 cadres par l’intelligence artificielle Watson développée par IBM.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio