Sans gaz russe, l’Europe se préparerait des hivers très rigoureux

Par Olivier Sancerre Modifié le 8 mars 2022 à 13h56
Gaz Russe Europe Marche 1
40%40% des importations européennes de gaz proviennent de Russie.

Et si l'Europe se passait complètement du gaz russe ? Cette mesure de rétorsion envers la Russie est envisagée au plus haut niveau, mais elle provoquera de sérieux problèmes, notamment dès l'hiver prochain.

L'approvisionnement russe représente 40% des importations de gaz en Europe. Chez Engie, la Russie pèse pour 20% de ses besoins. Autant dire que couper le robinet du gaz russe pour le vieux continent risque de provoquer un choc majeur pour l'économie et les populations. L'impact ne se sentirait pas nécessairement cet hiver, ce d'autant qu'il a été clément, avance Catherine MacGregor, directrice générale de l'énergéticien français. Le vrai problème, « ce serait le remplissage des stockages au printemps et à l'été, en préparation de l'hiver 2022-2023 ». Les volumes nécessaires seraient très difficiles à trouver, « et ce serait très dur en cas de conflit long en Ukraine », ajoute-t-elle.

Nouveau monde pour l'énergie

Aux Echos, la dirigeante explique que « nous entrerions alors dans un nouveau monde pour l'énergie, sous l'effet d'un choc physique et d'un choc de prix sans précédent qui transformerait sans doute durablement le paysage énergétique ». Avec à la clé des mesures inédites imposées par le gouvernement, comme la réduction de la consommation du gaz, notamment le chauffage et dans l'industrie. Il faudrait également plafonner les prix de gros du gaz en Europe, ce qui aurait le mérite de « limiter les prix de l'électricité ». Sur le long terme, cela aurait aussi pour effet d'accélérer les énergies renouvelables.

Leviers limités

En attendant, et si une telle mesure de suspension de l'approvisionnement russe était prise, « les leviers qui sont à notre main sont d'une portée limitée », indique Catherine MacGregor. Engie négocie actuellement une hausse chez des fournisseurs d'autres pays, comme l'Algérie, les États-Unis, les Pays-Bas et ailleurs… Mais « il faut être lucide : les leviers qui sont à notre main sont d'une portée limitée ». Et ce ne sera pas suffisant pour compenser l'arrêt du gaz russe.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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