Sécurité Sociale : les réformes impossibles qui pourraient la sauver

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Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 28 octobre 2014 à 3h27

La Sécu est aux soins intensifs, dopée à l'oxygène de la dette, sans espoir de survivre au cancer des déficits accumulés pendant des années. Sauf à accepter l'opération de la dernière chance, une sévère amputation.

Ceux qui connaissent ou ont connu le calvaire des rendez-vous de médecin pour parler de mauvais résultats d'examens savent bien de quoi je parle. Si la Sécu était une personne, elle serait effectivement aux soins intensifs, perfusée de toutes parts, sous oxygène et probablement dans le coma. Les médecins se regarderaient gravement en fronçant les sourcils, en parlant de son cas. Les derniers résultats d'analyses de sang montreraient que l'organisme est à bout. A la famille, on demanderait l'autorisation de tenter le tout pour le tout pour sauver le malade.

Que dit son dossier médical ?

Côté dépenses, plus de 216 milliards d'euros de dettes cumulées, planquées dans un organisme, la CADES, chargé d'emprunter sur les marchés, et de rembourser ce qu'il peut. Cette année encore, le déficit sera de 15,3 milliards d'euros (au moins) quand le projet de loi de finannces de l'an dernier prévoyait "moins de 10 milliards d'euros" de pertes.

Côté recettes, ce n'est pas la fête non plus : Le nombre de cotisants recule, et donc, le volume de cotisations prélevées sur le travail. C'est pour cela que le gouvernement vient encore d'augmenter la CSG pour les retraités et les chômeurs. C'est pour cette même raison aussi que depuis quelques années, les cessions d'actifs (actions, maison ou terrain à vendre) supportent un poids de plus en plus élevé de cotisations sociales. Aujourd'hui, 15,5 % de la plus-value part dans le trou de la Sécu. C'était 0,0 % il y a moins de dix ans !

Pendant ce temps là, les français vivent de plus en plus vieux (l'espérance de vie a progressé de trois mois par an au cours des vingt dernières années), mais sont de plus en plus malades pendant les dernières années de leur vie, maladies de plus en plus coûteuses à prendre en charge. Dans le même temps, les progrés de la médecine ont renchéri le coût de bien des traitements et opérations, et pas seulement pour sauver les malades.

Résultat : la Sécu telle que nous la connaissons est morte, mais elle feint de ne pas le savoir. Et nous aussi. Pourtant, l'on ne pourra pas indéfiniment reporter à plus tard l'objectif d'un retour à l'équilibre des comptes de la Sécu, voire même, à un indispensable excédent, afin de rembourser la dette accumulée. Or, comme il sera impossible d'augmenter indéfiniment les prélévements, aussi bien sur le travail que le capital, il va falloir soit trouver d'autres recettes, soit réduire les dépenses.

Côté recettes, la mesure la plus logique, la plus juste, la plus responsable et.. la plus dure à prendre cependant, mais également la plus efficace et responsable, sera...

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Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016. Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.   Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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