Rachat de SFR : Bouygues Telecom a perdu une bataille mais pas la guerre

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Par Laure De Charette Modifié le 18 mars 2014 à 3h22

C'est ce qui s'appelle ne pas lâcher le morceau. Alors que Vivendi a décidé vendredi de vendre sa filiale SFR à Numericable, au détriment de l'autre prétendant, Bouygues Telecom, ce dernier ne s'avoue pas vaincu...

Numericable n'a pas les faveurs des autorités

Et l'opérateur a des raisons d'espérer : d'abord, parce qu'il avait, et a toujours, le soutien des pouvoirs publics, qui auraient largement préféré que ce soit Bouygues, et non Numericable, qui l'emporte.

La polémique sur les pratiques fiscales douteuses de Patrick Drahi, principal actionnaire d'Altice, la maison mère de Numericable, n'en finit pas d'enfler : lui-même est résident fiscal en Suisse (où il vit avec sa famille depuis 1999), au grand dam de Fleur Pellerin, ministre de l'Economie numérique, qui aimerait qu'il rapatrie ses avoirs en France.

Arnaud Montebourg, ministre du redressement Productif, a estimé qu'"il y a un problème fiscal, puisque Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d'Amsterdam et sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la Reine d'Angleterre. Il va falloir que M. Drahi rapatrie l'ensemble de ses possessions et biens à Paris, en France !".

Ce que l'intéressé n'a, d'après ses premières déclarations, pas vraiment l'intention de faire !

Et si Bouygues revenait dans la course ?

Donc les autorités soutiennent Bouygues : Jean-Pierre Jouyet, patron de la Caisse des Dépôts, avait précisé que la Caisse pourrait accompagner financièrement un rapprochement entre Vivendi et Bouygues en cas d'échec de la solution Numéricable.

Surtout, comme le rapporte Time to Sign Off, Vincent Bolloré, actionnaire principal de Vivendi, a déclaré avoir donné "trois semaines de priorité à Numéricable" mais "qu'au-delà, les jeux étaient toujours ouverts". Et si Bouygues revenait dans la course ?

De son côté, Numericable tient bon : « Je n'ai jamais eu de doute sur la réalisation de cette opération. Et l'accord d'exclusivité que nous avons signé avec Vivendi n'est pas une simple feuille. C'est un protocole assez long négocié depuis des semaines » a cru bon de rappeler Patrick Drahi. Pas question que le deal de l'année lui échappe !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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