Sommet Hollande-Monti : un axe Paris-Rome face à la crise

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Par JOL Press Publié le 3 décembre 2012 à 13h18

Au tête-à-tête solitaire avec Berlin, Paris privilégie le multilatéralisme. Déjà perceptible sous Nicolas Sarkozy, cette stratégie n’a cessé de se renforcer depuis l’arrivée à l’Élysée de François Hollande. Le président de la République retrouvera Mario Monti, président du Conseil italien, ce lundi 3 décembre à Lyon, pour le 30ème sommet franco-italien.

Les relations d’État à État sont souvent une histoire d’hommes – et de femmes – mais l’approfondissement auquel nous assistons des coopérations entre la France et l’Italie n’est pas seulement à mettre sur le compte des bonnes relations qu’entretiennent François Hollande et Mario Monti. Convaincus des intérêts communs qui unissent Paris et Rome, les deux hommes semblent déterminés à inaugurer une nouvelle étape des relations transalpines.

Dès son premier sommet européen – les 28 et 29 juin 2012 – François Hollande avait trouvé dans Mario Monti un allié de poids. Le président du Conseil italien – et ancien commissaire européen -, un homme grandement respecté sur la scène continentale, avait pesé de tout son poids pour desserrer la pression des marchés et replacer la croissance au cœur du débat bruxellois. Lors du dernier conseil, les 23 et 24 novembre, cette alliance d’intérêt s’était encore traduite par une position commune sur la défense des budgets de la Politique agricole commune (PAC) et des fonds de cohésion, menacés par les demandes de rabais formulées par les tenants d’une plus grande rigueur budgétaire européenne – pour les budgets de l’Union de 2014 à 2020.

Les 13 et 14 décembre prochains, sur la supervision bancaire, à l’ordre du jour du dernier Conseil européen de l’année, les deux hommes devraient à nouveau se retrouver sur la même longueur d’onde : leurs gouvernements défendent la possibilité pour la BCE de recapitaliser directement les banques et prônent une mise en œuvre progressive du mécanisme en 2013. Ces « relations étroites et amicales », comme les qualifie l’Élysée, ne se limitent pas à la gestion des affaires courantes et il est notamment un dossier grâce auquel François Hollande et Mario Monti entendent rapprocher Paris et Rome : la liaison LGV Lyon-Turin.

C’est un projet vieux de plus de vingt ans, François Mitterrand et Giulio Andreotti l’évoquaient déjà au tout début des années 1990. Il consiste en 140 km de ligne à grande vitesse nouvelle, dont 86 km enterrés, et doit permettre de gagner trois heures sur le parcours entre l’Ile-de-France et la Lombardie – une véritable révolution plaçant Milan à quatre heures de Paris, 5h30 de Bruxelles et un peu plus de six heures de Londres… Ce projet fait l’objet de nombreuses oppositions – notamment des associations écologistes – des deux côtés de la frontière mais l’enquête publique, menée l’hiver dernier en France, a permis de définir le tracé. Reste à en boucler le financement…

C’est ce sur quoi François Hollande et Mario Monti entendent avancer à l’occasion du sommet de Lyon. Ce chantier est évalué à un coût de 25 milliards d’euros, dont 8,5 milliards pour le seul tunnel transfrontalier de 57 km, des sommes considérables en cette période de disette budgétaire. Le tunnel en question doit être financé pour 2,9 milliards d’euros par l’Italie, 2,2 milliards par la France et les 40% restants par l’Union européenne. Les deux dirigeants doivent valider le montage financier.

Au-delà, François Hollande et Mario Monti devraient adopter une feuille de route de coopération en matière de défense, et annoncer la tenue d’un comité franco-italien de défense et de sécurité avant l’été. Devrait s’exprimer également une volonté commune d’améliorer les échanges et les investissements entre la France et l’Italie. Deux « instances de dialogue » seraient créées, l’une au niveau ministériel, l’autre regroupant industriels et sociétés privées. Enfin, il sera aussi question d’enseignement supérieur et de recherche spatiale… Paris et Rome ont des petites étoiles dans les yeux.

Cette journée chargée se clôturera par une première : François Hollande et Mario Monti se retrouveront « face à face » dans l’émission d’Euronews, The Global Conversation, à 20 heures – pour un débat de trente minutes. Ces deux fervents européens débattront de l’identité européenne, des problématiques communes aux deux pays mais aussi de la place de l’Europe dans le monde. L’interview se terminera par la question rituelle d’Euronews : « Qu’est-ce qui vous tient éveillés la nuit ? »

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