Souveraineté. Méditez le prix de la dépendance politique !

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Par Charles Sannat Modifié le 6 septembre 2018 à 12h00
Brexit Absence Accord 2

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

La souveraineté n’est pas un gros mot.
La souveraineté n’est pas non plus une maladie honteuse.
La souveraineté est la valeur politique la plus essentielle et la plus indispensable.

Que vous soyez de droite ou de gauche, du centre, que vous soyez à l’arrêt ou en marche, avant, ou arrière, peu importe, vous devriez tous être avant tout souverainiste.

La souveraineté ne rejette pas l’autre, l’étranger, ou celui venu d’ailleurs. La souveraineté n’implique pas d’avoir des ennemis ou d’être en guerre. Bien au contraire.

La souveraineté est ce qui définit votre État. C’est votre droit souverain à battre monnaie, à décider de la paix ou de la guerre, à faire vos lois et à les faire appliquer. Il n’y a aucune nation sans souveraineté. Penser que nous sommes « citoyens du monde » est l’une des plus belles crétineries inventées par nos politiquement corrects destructeurs. Des idées prémâchées pour ados idéalistes, mais guère plus tant cela ne résiste pas 30 secondes ni à un débat profond et sérieux, ni à l’épreuve des faits.

S’il n’y a pas de nation, alors vous aurez la dictature d’une Fédération. Et si ce n’est pas la dictature d’une Fédération, vous aurez la dictature capitaliste, ce que j’appelle le « totalitarisme marchand ». En ce qui nous concerne, nous avons, en Europe, tiré le gros lot ! Nous avons les deux ! La dictature de ce qui se pense et se souhaite comme les futurs États-Unis d’Europe et le totalitarisme marchant, l’un et l’autre se nourrissant sur le dos de peuples de plus en plus cadavériques.

Ne vous y trompez pas, ceux qui vous vendent les belles idées de « citoyens du monde », ou de « citoyens européens », vous vendent en réalité la corde de votre soumission.

Cette soumission des États, des nations, et donc au bout du compte des peuples, a été savamment organisée. L’un des outils a été la mondialisation. Avec les délocalisations, nous avons laissé volontairement et par appât du gain nos industries partir. Nos médicaments viennent plus d’Inde que de France ou même d’Europe. Pire, non seulement nous n’avons plus de capacité à nous soigner, mais de surcroît les produits que l’on importe sont de plus en plus de mauvaise qualité.

Ne me parlez pas de « citoyenneté du monde », quand cette dernière implique de voir les vôtres crever par manque de soins. Derrière les beaux sentiments et les belles idéologies, dont il faut toujours se méfier tant les plus grandes dictatures dégoulinent de belles émotions, se cache en réalité votre soumission brutale, immonde, abjecte aux forces totalitaires marchandes.

La soumission parlons-en justement avec l’édifiant exemple anglais.

Londres soumis au chantage à l’insuline !

Je vous avais déjà parlé du fait que Londres stockait déjà des médicaments en cas de Brexit sans accord de sortie… et pour cause !

Dans les coulisses des négociations européennes, il n’y a aucun bon sentiment, et le 10 Downing Street est soumis à des pressions plus que fortes qui confinent à un terrible chantage.

Quittez l’Europe, vous êtes libres de le faire, vous tuerez juste vos diabétiques, vos cancéreux, ceux qui ont besoin de passer un examen d’imagerie médicale, etc., nous vous rappelons que vous ne produisez plus d’insuline.

Nos amis anglais sont suffisamment intelligents pour produire l’insuline dont ils ont besoin, mais encore faut-il recréer les capacités industrielles perdues. Cela prend du temps.

Voilà le coût de la soumission.

Voilà le prix de l’abandon de votre, de notre souveraineté.

« À sept mois du Brexit, les diabétiques britanniques se demandent si leur pharmacie pourra encore leur fournir de l’insuline dans quelques mois. « Nous n’en fabriquons pas au Royaume-Uni, nous en importons chaque goutte, s’inquiète Sir Michael Rawlins, responsable de l’agence de régulation des médicaments et produits de santé, dans le Pharmaceutical Journal. 3,5 millions de personnes en dépendent, dont la Première ministre Theresa May. »
D’après la BBC, 60 % des produits nécessaires aux scanners et aux traitements de cancers proviennent aussi du continent.

Les autorités prévoient pour le moment six semaines de stock… C’est court 6 semaines. Terriblement court.

L’indépendance a un prix

Aucune politique menant une nation à ne plus pouvoir soigner les siens n’est digne d’être suivie.

Aucune structure politique, quand bien même portant le nom d’Europe, ne peut soumettre ses membres à de funestes chantages pour assurer sa toute-puissance.

Dénoncer ces agissements est un devoir pour chaque citoyen. Dénoncer les arnaques intellectuelles également.

Je ne résiste pas à l’envie de vous citer Napoléon, une phrase qui n’a pris aucune ride !

« Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement, qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. »

Il ne faut jamais être dépendant pour ne pas être soumis.

La souveraineté de notre pays et de notre peuple n’est pas une option politique. C’est une obligation morale, et une évidence de bon sens.

Vive la France !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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