La France pour être plus performante devra rapidement remonter ses taux d’emploi

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Par Daniel Moinier Publié le
Emploi Salarie Prive 21
7,4%Le taux de chômage du deuxième trimestre 2022 en France atteint 7,4 % de la population active.

La France a un taux d’emploi bien trop bas par rapport à presque tous nos voisins Européens, cause principale de tous nos déficits, dettes : Etat, Sécurité Sociale, retraites, Assedic, délocalisations, hausses des charges, baisse du pouvoir d’achat…

Après des baisses de travail antérieures excessives, presque tous les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas voulu ou oser reconsidérer « ses acquis », comme les syndicats les appellent, de peur d’un vent de révolte, de manifestations, de grèves, voire plus. Le seul, c’est François Fillon qui a réussi l’augmentation de la durée d’activité de 60 à 62 ans (2010/2017).

La France est aussi très en retard sur la date de départ en retraite (c’est partiellement lié). Ci-dessous un tableau des départs en retraite mis en place en Europe.

Le gouvernement est en pleine préparation d’une réforme des retraites en allongeant la durée d’activité. C’est une initiative heureuse qui, même si elle réussit, ne portera « ses fruits » que dans quelques années. Surtout si elle est étalée à priori sur 8 années. La durée de vie augmentant de 7 heures par jour, cela représenterait 2,3 ans de plus en 8 ans. Donc la réforme sous cette forme aurait un effet modéré, mais beaucoup mieux que de ne rien faire.

Le système des retraites devrait connaître des déficits pendant 25 ans. La coexistence de deux hypothèses sur la participation financière de l’État brouille le débat.

La France se situe dans les dernières du monde pour les temps de travail, d’activité et de taux d’emploi.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la France se traîne en queue de classement de toutes les statistiques concernant les temps de travail, d’activité mais aussi de taux d’emploi global.

Pour le taux d’emploi, c’est en grande partie dû au niveau élevé des taux du chômage. Il est passé de 3% en 1975 à 12% en 1994 et encore 10% en 2012 et heureusement descendu à 7,4% en 2022. C’est ce niveau de chômage élevé qui a en grande partie, diminué fortement le taux d’emploi en France. Par comparaison, le chômage allemand pendant ces dix dernières années, d’avant Covid, a évolué de 6,8% à 4,7% % en 2019.

Cela a commencé il y a plus de 40 ans, exactement en 1982, lorsqu’il a été décidé par ordonnances de diminuer d’un coup, 4 niveaux de travail. Cela a été amplifié par le passage de 40 heures par semaine aux 35 heures, réforme Aubry en l’an 2000.

En aparté, une affirmation qui m’horripile : Il est souvent parlé de « plein emploi à 5% ». Les 5% (=3 millions d’inscrits) de chômeurs doivent « se retourner dans leur tombe ». Le plein emploi ce n’est pas 5% mais c’est zéro chômeur, comme avant les années 1970 où il n’existait qu’un passage entre deux postes.

Les réductions ont commencé depuis le milieu des années 1970 pour arriver à 350 heures de moins dans les années 2000, soit plus de 17% de moins en moyenne en France métropolitaine. Elle s’est en grande partie stabilisée depuis, même si lors de la dernière élection présidentielle certains.es candidats.es ont fait des propositions hallucinantes en voulant passer de 35 à 30 heures et même 28 ! Cette baisse a surtout bénéficié aux salariés à temps complet, soit environ une heure de moins par jour. Par contre les cadres ou personnes mensualisés ont peu diminué, ayant des temps d’emploi se situant dans les plus élevés des pays Européens.

Un autre critère important qui réduit les capacités de gestion du pays, ce sont les faibles niveaux de taux d’emploi. C’est en fait le nombre de salariés au travail sur une période donnée.

Classement de la France :

  • 21ème au niveau du taux d’emploi des 20-64 ans, soit environ 10% de moins que la Suède et de l’Allemagne !

  • 19ème au niveau de l’emploi des 55-64 ans, soit environ 21% de moins que la Suède et l’Allemagne !

L’Allemagne travaille plus de 6 ans de plus que la France sur la durée de vie, ce qui représente 350 Milliards de plus par année dans son économie.

Trois tableaux ci-dessous :

Taux d’emploi des 20-64 ans

Taux d’emploi des 55-64 ans par pays

Taux d’emploi des 55-64 ans global UE

Il est possible de remarquer sur le 3ème tableau, que le taux d’emploi au sein de l’U.E a constamment augmenté depuis 2000, mais que les temps de travail globaux des 55/64 ans sur la même période, ont constamment diminué.

Conclusion : Tous les pays qui ont un déficit plus faible que la France, ont une économie plus performante avec un taux d’emploi et d’activité supérieur. Ce qui semble tout à fait logique. Plus le nombre d’heures travaillées est important, plus la masse salariale est élevée, plus la consommation est importante.

Pour les entreprises également, une marge brute plus élevée permet des salaires supérieurs, mais aussi des investissements, de la recherche-développements plus importants.

L’état y retrouve son compte également puisque les prélèvements, impôts s’amplifient. C’est comme pour les entreprises, tous les projets, investissements peuvent se réaliser avec beaucoup moins d’emprunts, donc de capitaux propres. Ce qui augmente le niveau global du pays, du PIB par habitant, le pouvoir d’achat diminuant ainsi les ; réclamations, contestations mouvements sociaux et grèves qui entravent la bonne marche du pays, la solidarité et fierté nationale.

La France a été dans le sens inverse de son vieillissement, plus la durée de vie augmentait, plus les temps de travail et d’activité ont diminué ! Un non-sens ! Nous avons été les seuls à créer des lois en ce sens, c’est pour cela que nos concitoyens n’y sont pas favorables du tout. Pour eux le pallier semble trop haut. Les autres pays ayant auparavant des départs à 65 ans, ont eu peu de difficultés pour augmenter d’un an

Nos dirigeants devraient expliquer cela en faisant référence à tous les pays qui sont déjà à 65 ans et bien plus et qui vont bien mieux que nous.

www.danielmoinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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