Le gouvernement envisage de taxer le livret A

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Par Charles Sannat Publié le 5 mars 2013 à 9h20

Vous le saviez sans doute déjà, mais il me semble que les caisses de l’état, notre état, sont vides, parce que les autres, même si ça peut devenir notre problème, cela n’est pas censé impacter nos impôts. J’ai pris soin d’utiliser le mot censé, car lorsque l’on voit ce que nous coûte le sauvetage de la Grèce, on peut se demander si on n’est pas un peu grecs sur les bords, en tout cas du carnet de chèque…

Bref, revenons à nos moutons, c’est-à-dire aux caisses vides de notre état. Le problème c’est qu’il va falloir trouver des moyens de les remplir, et comme dans cette affaire-là c’est une histoire de vases communicants ou plus précisément de poches communicantes, il va bien falloir venir piquer dans votre porte-monnaie. Au niveau des grands mamamouchis étatiques c’est donc une certaine forme d’affolement qui prévaut actuellement, ce qui me renforce dans mon analyse qui consiste à dire que cette fois-ci pour une fois, c’est différent et que les caisses sont vraiment à sec.

L’éternel débat du taxer plus ou dépenser moins !

Je vais l’écrire en premier lieu, cela évitera quelques incompréhensions de la part de certains de nos camarades. Oui il faut réduire les dépenses de l’état, mais on ne peut pas passer de tout à rien sans une cure de sevrage à la drogue de la dépense publique qui sera proportionnelle (et espérons un peu plus courte d’ailleurs) à la durée de prise de drogue. Il faut du temps pour réduire l’état. Il faut du temps pour laisser la possibilité aux gens de s’adapter. Il faut du temps pour passer de la culture de l’assistanat (sans que ce soit un gros mot) à celle de la responsabilisation personnelle. Tout cela ne peut pas se faire en un claquement de doigts. Enfin, si tout est possible, mais il y aura des effets secondaires tellement violents que c’est dans ce cas que les malades meurent, certes guéris, mais ils sont tout de même morts… il y a donc peu d’intérêt à ce genre de stratégie.

Ceci étant posé, réduire la dépense de l’état en France ou le PIB est réalisé à 57 % par la dépense publique, implique une récession forte lorsque la croissance économique privée (la vraie, les 43 % restant de notre PIB) n’est pas en mesure de compenser ce « désinvestissement » de l’état.

Les hésitations du gouvernement

Nous avons droit depuis l’arrivée de la nouvelle majorité (mais cela aurait certainement été pareil si la droite était restée au pouvoir) à une espèce d’excitation budgétaire. Il faut des sous, des sous, encore des sous. Alors chaque jour nous apporte son lot de « ballons d’essais » comme on dit dans la profession journalistique.

On envisage de taxer les…, on pense à fiscaliser les… le député bidule a pensé que réduire les dépenses de…, le nouveau rapport de la cour des comptes dit qu’il faut réduire les… etc, etc… à longueur de pages, tous les jours, toutes les semaines, depuis plusieurs mois. On attend les réactions populaires. Le web s’enflamme sur tel ou tel sujet, l’Elysée et Matignon croule sous les courriers de protestations, alors… le gouvernement tente de trouver autre chose de moins impopulaire et c’est reparti pour un tour et d’autres lâchers de ballons !

Alors aujourd’hui ayant capturé quelques-uns de ces ballons dans mes filets de contrarien, je vous fais la liste non exhaustive des dernières tentations gouvernementales au niveau de votre porte-monnaie (planquez le bien, les pickpockets gouvernementaux trainent leur guêtres bien près de chez vous).

Le gouvernement envisage de taxer le livret A

Ha, celle-là m’a beaucoup plu pour tout vous dire. Je n’ai pas osé en parler à ma femme, qui a ouvert un livret A pour toute notre petite maisonnée, parents et enfants compris… Elle trouve que c’est un excellent placement et comme la vraie patronne, c’est-elle, moi je me contente de détourner discrètement quelques sous du foyer pour acheter mes petites pièces d’or en toute discrétion et en cachette.

Donc ça va lui faire drôle elle qui me vantait les mérites du Livret A, l’un des derniers placements totalement défiscalisés ! On apprend donc par un article de l’Express que pour « renforcer les futures recettes fiscales, le gouvernement étudie à nouveau la piste de l’épargne réglementée. Et pourrait décider de soumettre le livret A aux prélèvements sociaux ». Mais pas pour tout le monde… Ben non voyons. Pas pour tout le monde. Juste pour le riche détenteur de Livret A celui qui ne vote pas à gauche et pour que ce soit juste.

Oui pour que ce soit juste il faut taxer les riches (tout le monde sait que les grands patrons du CAC40, et les grands joueurs de foot se précipitent à la banque postale pour ouvrir un Livret A défiscalisé), en évitant le pauvre qui en plus vote à gauche. Dans notre beau pays c’est comme ça. Dès que vous avez de l’argent vous êtes à droite, si vous êtes fauché, vous êtes de gauche… enfin c’est vrai dans l’esprit de nos élites, parce que sur le terrain, ce n’est pas du tout ce que je ressens.

« La solution envisagée consiste à taxer uniquement les plus riches, comprendre ceux dont l’encours sur le livret dépasse l’ancien plafond (15 300 euros). Les intérêts générés par les montants placés au-delà seraient soumis aux prélèvements sociaux (15,5 %) ». Voilà donc ce que serait la nouvelle recette magique du gouvernement. Alors moi cela ne concerne même pas ma femme puisqu’aucun de nos livrets A n’atteint ce plafond de « riches » du coup si je me sens pauvre, je vois surtout que je vais échapper à cette nouvelle rapine de Bercy, mais vous ? Donc si vous avez quelques Livret A de « riches » avec 15 300 euros dessus, peut-être pour éviter d’être taxer vaudrait-il mieux verser le reliquat ailleurs…

Trouver de l’argent, il nous faut de l’argent, le budget prend l’eau de toute part, vite des sous. Alors un autre ballon capturé aujourd’hui a été lancé par un « dépité » socialiste.

Le Guen, le député PS, qui préconise le départ à la retraite à 62 ans

On apprend donc aujourd’hui grâce à un article du Parisien, pas forcément tendre d’ailleurs, je cite que « à l’époque de la réforme des retraites du tandem Sarkozy-Fillon, le PS s’était indigné alors que la rue criait au scandale. Ce lundi, c’est le député socialiste Jean-Marie Le Guen qui jette un pavé dans la mare. Il propose de passer l’âge de départ à la retraite à 62 ans dès 2015 ».

Alors les retraités vont devoir être mis à contribution. Ceux qui sont déjà à la retraite, mais les plus riches seulement pour que ce soit « juste » et puis ceux qui n’y sont pas encore et qui ne sont pas près d’y être. Ha je pars l’année prochaine à la retraite ! Et non mon gars, tu vas devoir tirer deux ans de plus, mais c’est « juste » deux ans….

Bon vous devez connaître l’histoire maintenant. On va faire une « Commission », puis une grande « con-certation » ce qui conduira à un accord historique que les députés transcriront dans la loi… et vous vous bosserez deux ans de plus. D’un autre côté il ne faut pas être choqué, il n’y a juste plus de sous et les caisses de retraites sont aussi vides que toutes les autres caisses, donc vous allez devoir y passer … à la caisse. Le meilleur moyen de ne pas vider les caisses c’est encore d’éviter de décaisser, et un retraité de moins c’est toujours ça de pris, donc… 62 ans. Et puis soyez réaliste, ce n’est que le début. D’ici la fin du quinquennat Hollande nous serons certainement à 67 ans « comme la moyenne européenne »…

Des sous, encore des sous, toujours des sous… et si nous dépensions moins ? Ça c’est le 3ème ballon envoyé par le mamamouchi Moscovici lui-même en personne.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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