Taxis contre Uber : c’est la guerre

Par Olivier Sancerre Modifié le 26 juin 2015 à 6h30
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200 000Une « plaque » de taxi peut coûter jusqu'à 200 000 euros.

De larvée et parcellaire, la guerre menées par les taxis contre le service UberPop est devenue totale. Jeudi 25 juin, on a ainsi pu voir des scènes de guérilla urbaine, notamment à Paris, avec des taxis particulièrement remontés prêts à en découdre avec les forces de l’ordre.

Ce qui est certain, c’est que les taxis n’ont pas remporté la bataille de l’opinion. Les quelques 2 800 taxis qui ont manifesté ce jeudi ont montré la face la moins amène de la profession : en renversant des véhicules de tourisme avec chauffeur, en balançant des pavés contre des voitures — une d’entre elles transportait une mère et son bébé —, en molestant des chauffeurs de VTC et UberPop, en bloquant l’accès aux aéroports parisiens, ces taxis ont fait preuve d’un terrible corporatisme.

Scènes de guerre civile en plein Paris

Il y a eu certes des répliques dans le camp d’en face : la violence est malheureusement la chose la mieux partagée. Mais en agissant de cette manière, les taxis — dont les revendications sont par ailleurs légitimes et la crainte de l’avenir tout à fait fondée — sont apparus comme les « méchants » de l’histoire. Et cela pourrait bien continuer dans ce sens.

Car les autorités sont aux petits soins avec la profession. Hier soir, après une journée de violences inédites, Bernard Cazeneuve le ministre de l’Intérieur annonçait sur le perron de la place Beauvau le bilan du jour : sept policiers blessés, 70 dégradations de véhicules, dix personnes interpellées. Il a également appelé à la saisie « systématique » des véhicules UberPop pris en flagrant délit, et a appelé à la fermeture du service comme la loi Thévenoud en a décidé depuis le 1er janvier.

UberPop va continuer

Seul hic : le sort d’UberPop, un service qui permet à tout un chacun de s’improviser chauffeur de circonstance, est entre les mains de la justice. Et l’entreprise américaine Uber sait parfaitement tirer les ficelles judiciaires pour jouer la montre, au désespoir des taxis. En attendant, la zone grise persiste : le préfet de police de Paris a pris un arrêté interdisant le service en question, ainsi qu’Hecto et Dump. Un arrêté qui ne change rien, d’après Thibaud Simphal, directeur général d’Uber, qui l’assure : UberPop va continuer.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.