Sécurité Sociale : la réforme c’est maintenant, clame la Cour des Comptes

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Par Laure De Charette Modifié le 18 septembre 2013 à 2h32

Ce n'est plus un trou, c'est un gouffre béant ! La dette de la Sécurité sociale va s'alourdir de plus de 70 milliards d'euros d'ici à 2018, avertit la Cour des comptes, qui a publié hier son rapport annuel sur la Sécurité sociale. D'où l'urgence, selon l'institution, de rationaliser les dépenses de santé !

La spirale "anormale et dangereuse" de la dette sociale

La Cour des Comptes, qui brocarde régulièrement le dérapage des dépenses publiques, dénonce cette fois la « spirale de la dette sociale », la jugeant « anormale et dangereuse ». Didier Migaud, son président, a utilisé une formule qui fait mouche en ces temps de ras-le-bol fiscal : « La dette d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain ».

En 2013, la dette sociale devrait frôler en tout 159 milliards d'euros. Pas vraiment une bagatelle !

En 2011, une partie de cette dette (40 milliards) a été transférée à la Cades, l'organisme chargé d'amortir la dette sociale. Une manière pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy à l'époque de repousser, pour la première fois !, le terme de l'amortissement de la dette sociale. Pas grave, ce seront les générations futures qui paieront !

Santé : des gisements d'économies "considérables"

Le problème, c'est qu'aucune décision n'a encore été prise au sujet des déficits, pourtant gigantesques et croissants, de l'assurance-maladie et de la branche famille. Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a prévenu que, rigueur budgétaire oblige, la Sécu allait devoir faire 6 milliards d'économies en 2014. Pour y parvenir, les dépenses de santé remboursées ne devront augmenter que de 2,4 % en 2014 (contre +2,6% prévu, et +3,8% si l'on rembourse comme d'habitude les dépenses de santé des Français). Soit, mais on ne connait pas encore les détails du plan pour atteindre les objectifs fixés.

Or il existe, selon la Cour des Comptes, « des gisements d'économies considérables », qui, même s'ils étaient explorés, ne compromettraient « ni la qualité des soins ni l'égalité d'accès au système de santé ». Reste que si une telle réforme était engagée, les Français verraient tout de même la différence : des médicaments moins bien remboursés, un reste à charge plus élevé, une diminution de la durée de certains arrêts de travail, etc...

Mais dans certains pays, on soigne mieux ou aussi bien et pour moins cher, alors pourquoi une rationalisation des couts de la santé serait-elle impossible dans l'Hexagone ?!

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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