UFC-Que Choisir : les assureurs doivent rétrocéder 2,2 milliards d’euros aux automobilistes

Par Olivier Sancerre Modifié le 28 avril 2020 à 0h16
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50 EUROSL'UFC-Que Choisir estime que l'économie sur l'assurance auto devrait être de 50 euros.

L'UFC-Que Choisir met la pression sur les assureurs automobiles. L'association de consommateurs demande aux pouvoirs publics d'imposer aux assurances la rétrocession des économies réalisées grâce au confinement : plus de 2 milliards d'euros.

Les primes d'assurances des automobiles seront-elles plus légères ? C'est l'objectif de l'UFC-Que Choisir : depuis la mise en place du confinement, et donc des restrictions de déplacement, la fréquence des accidents corporels a baissé de 91%. Et elle devrait rester durablement en-deçà de sa moyenne historique. L'association estime que la baisse des indemnisations versées par les assurances en cas d'accidents de la route pourrait générer de 1,4 à 2,3 milliards d'euros au profit des comptes des assureurs. Le scénario médian, qui fixe un retour à la normale en mi-juillet, représenterait une baisse des indemnisations de l'ordre de 1,8 milliard d'euros. Il faut savoir que 68% des primes sont affectés à l'indemnisation des sinistres.

Baisse des indemnisations, baisse des cotisations

Dans un monde idéal, la baisse des cotisations est strictement égale à celle des indemnisations. Autrement dit, si les indemnisations baissent, les cotisations également. Et même davantage, car comme l'explique l'UFC-Que Choisir, ces cotisations comprennent des taxes proportionnelles qui sont collectées par l'État. Selon l'hypothèse médiane d'une baisse des indemnisations de 1,8 milliard d'euros, la réduction sur les cotisations doit donc s'établir à 2,2 milliards d'euros. Cela représente 50 euros par automobile (ou 29 euros par moto).

50 euros pour une voiture

La dépense moyenne pour l'assurance d'un véhicule est de 500 euros par an et par véhicule. Ces 50 euros d'économies seront les bienvenus, puisque le confinement pèse sur le budget des ménages. Avec des salaires en baisse (pas d'heures supplémentaires, activité partielle) voire pas de salaire du tout pour les précaires et les travailleurs indépendants, il est en effet de plus en plus difficile de joindre les deux bouts : les dépenses contraintes, comme le loyer et le remboursement d'emprunts, sont toujours dues. L'UFC-Que Choisir appelle donc les pouvoirs publics à faire pression sur les assureurs : la Maif et la Matmut n'ont pas attendu pour faire un premier geste, mais qu'en ira-t-il des autres assurances ?

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.