Vente de SFR: tout le monde menace tout le monde de poursuites en justice

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Par Laure De Charette Modifié le 24 mars 2014 à 8h31

« Mais tu vas la regarder ma nouvelle offre, sinon... ! ». C'est en substance, et sur ce ton, ce que Bouygues dit à Vivendi, maison-mère de SFR, au motif que le vendeur a l'obligation de regarder une éventuelle offre de rachat. Sinon quoi ? Les « tribunaux » s'en mêleront ! Décidément, le ton monte.

Bouygues exige de Vivendi qu'elle arrête de discuter avec Numericable

Reprenons : mi mars, Vivendi, qui veut vendre SFR, a choisi d'entrer en négociations exclusives pendant trois semaines avec Numericable, au détriment de l'autre candidat Bouygues. C'était sans compter sur la réaction du prétendant éconduit !

Entre temps, Bouygues a musclé son offre, trouvé trois nouveaux actionnaires et mis 1,9 milliard de plus que lors de sa dernière offre sur la table. Elle exige donc maintenant de Vivendi qu'elle considère à nouveau son offre. Et qu'elle arrête de surcroît de discuter avec son concurrent !

Si Vivendi discute avec un autre, Numericable attaque aussi

Pas question, dit Numericable, qui brandit elle aussi la menace des tribunaux ! « L'exclusivité signifie que le vendeur n'a pas le droit de discuter avec d'autres parties pendant la période des trois semaines. Si ce principe n'est pas respecté, des recours pourraient être envisagés », prévient un pro-Numericable, comme le rapporte le journal Les Echos.

Et l'entreprise pourrait même réfléchir à attaquer en justice l'Etat, la Caisse des Dépôts, et même Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, qui ont pris fait et cause pour Bouygues. Et qui, dans le charivari ambiant, pourraient être tenus responsables de la chute en bourse de l'action d'Altice, la maison-mère de Numericable...

Résultat : Vivendi se trouve dans la pire situation possible. Soit l'entreprise maintient son premier choix, et vend SFR à Numericable, mais Bouygues lui déclare la guerre. Soit elle change d'avis, cède à la pression exercée par Bouygues et la choisit finalement, et se met Numericable à jamais à dos.

Suite au prochain épisode !

MISE à JOUR : Malgré la surenchère de Boutgues Telecom concernant son offre sur SFR auprès de Vivendi, le câblo-opérateur Numericable a annoncé qu'elle n'allait pas, de son côté, modifier son offre. Vivendi pourrait décider de ne rien signer avec Numericable avant la date butoir du 4 avril afin de se laisser le temps d'examiner la nouvelle offre de Bouygies, valable jusqu'au 8 avril. Un scénario que Patrick Drahi aimerait éviter...

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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