Vin : 1 – Coca-Cola : 0

Par Olivier Sancerre Modifié le 14 mai 2014 à 1h02

Faut-il y voir le signe d'une croissance qui redémarre aux États-Unis et d'une crise qui se prolonge en France ? Toujours est-il qu'un basculement ô combien symbolique s'est opéré en 2013.

Pensez donc : les États-Unis ont consommé plus de vin que la France.

Les États-Unis dépassent la France

C'est une première pour l'Organisation internationale du vin (OIV). Le marché américain a bu l'an dernier 29,1 millions d'hectolitres de vin, contre 28,1 millions en France. L'OIV souligne que la consommation outre Atlantique a augmenté de 0,5% par-rapport à 2012, tandis qu'elle chutait sévèrement en France, avec une baisse prononcée de 6,9%. Les Français n'auraient-ils donc plus le goût du vin ?

Vu sous un autre angle, il n'y a pourtant pas de quoi crier au loup. Le Français reste le plus gros buveur de vin au monde, avec 45 litres par habitant et par an en moyenne. C'est cinq fois plus que l'amateur de vin américain, qui paie de plus sa bouteille beaucoup plus chère. Ça n'est donc pas demain la veille que les Américains battront les Français dans ce domaine, même si la consommation a drastiquement chuté décennie après décennie. Dans les années 1960, celle-ci était en effet de 120 litres par habitant et par an !

Le haut de gamme plébiscité

Plus préoccupant, le secteur du vin craint des jours mauvais. Sur le marché mondial, la France a vu sa part de marché fondre de 50% en trente ans; les importations de l'Hexagone ont elles augmenté de 10%. Pire : le pays est passé de la première à la troisième place des plus importants exportateurs de vin, derrière l'Espagne et l'Italie.

La France a une réelle carte à jouer dans le haut de gamme. Le champagne et les grands crus ont ainsi représenté l'an dernier 7,8 milliards d'euros de revenus, et les consommateurs dans le monde ne demandent qu'à être servis… selon leurs goûts. Jouer la carte du pragmatisme et ne pas camper sur des dogmes, c'est la solution pour (re)conquérir le monde.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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