Vols à vide au-dessus de l’Europe : bras de fer entre les compagnies aériennes et Bruxelles

Par Olivier Sancerre Modifié le 10 janvier 2022 à 12h24
Slots Compagnies Eu 2
18.000Lufthansa va faire voler 18.000 avions à vide cet hiver pour conserver ses slots.

La polémique enfle depuis l'annonce de Lufthansa de devoir faire voler des avions à vide en Europe pour conserver ses « slots », les précieux créneaux horaires dans les aéroports du vieux continent. Néanmoins, les choses ne sont peut-être aussi tranchées.

Juste avant Noël, Carsten Spohr le PDG de Lufthansa lâchait une bombe : la compagnie aérienne allemande allait faire voler des avions à vide pour conserver ses créneaux horaires précis dans les aéroports européens (« slots »). Et le nombre n'est pas anecdotique : il s'agit de 18.000 « vols fantômes » qui, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, posent de sérieuses questions sur l'engagement européen en la matière. Avant le déclenchement de la crise sanitaire, les compagnies aériennes devaient honorer 80% de leurs slots, au risque sinon de les perdre au profit de la concurrence.

« Use it or lose it »

Cette règle dite du « use it or lose it » a été suspendue entre mars 2020 et mars 2021, alors qu'il était extrêmement difficile de voyager en avion en Europe. Mais la Commission européenne l'a remise en place avec un seuil de 50%, provoquant la colère des compagnies aériennes qui l'estime trop élevé. Pourtant, il existe une clause de non utilisation justifiée des créneaux, comme l'a rappelé ACI Europe, qui regroupe les aéroports européens selon laquelle il n'existe aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe.

Des vols fantômes inutiles ?

Cette disposition couvre les interdictions de voyager, tout comme les restrictions de déplacement, les mesures de quarantaine et d'isolement. Elle a été étendue le 15 décembre dernier par la Commission européenne. Par conséquent, Lufthansa et les autres compagnies aériennes peuvent s'en réclamer pour éviter de faire voler des avions à vide au-dessus de l'Europe. Ce bras de fer imposé à la Commission européenne par les transporteurs ressemble donc fort à un coup de pression pour obtenir davantage de flexibilité dans le ciel européen en attendant une reprise prévue pour 2023.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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