L’Insee estime que le produit intérieur brut français a diminué de 0,1 % au troisième trimestre 2026, après une stagnation au printemps. La consommation des ménages progresse, mais le repli de l’investissement et des exportations pèse sur l’activité.
PIB : l’économie française recule de 0,1 % au troisième trimestre, pénalisée par les exportations

L’économie française a enregistré un recul de 0,1 % de son produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre 2026, après une stabilité au deuxième trimestre, selon la première estimation des comptes nationaux publiée le 30 octobre par l’Insee. La consommation des ménages a accéléré, mais le commerce extérieur et l’investissement ont freiné l’activité entre juillet et septembre.
Cette contraction intervient après une baisse de 0,2 % du PIB au premier trimestre. L’acquis de croissance pour l’ensemble de 2026, c’est-à-dire la progression annuelle qui serait obtenue si l’activité restait au niveau du troisième trimestre jusqu’à la fin de l’année, s’établit désormais à 0,2 %. Il ne s’agit pas d’une prévision de croissance définitive pour 2026.
Les exportations retirent 0,6 point à la croissance
Le commerce extérieur constitue le principal facteur de recul au troisième trimestre : sa contribution à la variation du PIB atteint -0,6 point, après +0,6 point au printemps. Les exportations diminuent de 1,7 %, alors qu’elles avaient augmenté de 2,8 % au trimestre précédent. Les importations, elles, sont quasiment stables (+0,1 %).
Le mouvement est particulièrement marqué pour les matériels de transport, dont les exportations chutent de 9,1 % après leur forte hausse du deuxième trimestre (+20,8 %), notamment dans l’aéronautique. Les ventes à l’étranger de produits agricoles reculent également de 7,0 % et celles de produits agroalimentaires de 1,1 %. En sens inverse, les variations de stocks apportent 0,4 point à la croissance, après une contribution négative de 0,7 point au deuxième trimestre.
L’investissement recule dans les entreprises et le logement
La formation brute de capital fixe (FBCF), mesure de l’investissement dans les équipements, les bâtiments et les actifs productifs, diminue de 0,6 % après -0,5 %. L’investissement des entreprises non financières baisse de 0,4 %, celui des ménages de 1,3 % et celui des administrations publiques de 0,3 %.
Le repli touche la construction (-0,5 % pour l’investissement dans ce secteur) et les produits manufacturés (-1,9 %). Les achats de matériels de transport destinés à l’investissement diminuent de 7,0 %, tandis que l’investissement en information-communication progresse de 2,1 %. Les évolutions restent donc très contrastées selon les postes.
La consommation résiste, malgré deux mois de baisse des achats de biens
La consommation totale des ménages augmente de 0,4 % au troisième trimestre, après +0,2 % au deuxième. Les dépenses de services progressent de 0,4 % et celles d’énergie rebondissent de 1,2 %. Cette amélioration trimestrielle coexiste avec un recul en fin de période : dans sa publication distincte sur les dépenses en biens, l’Insee constate une baisse de 0,5 % en septembre, après une diminution identique en août.
Du côté de la production, l’industrie manufacturière se contracte de 1,4 % et la construction de 0,4 %, tandis que les services marchands progressent de 0,3 %. Le décalage avec les anticipations est notable : dans son enquête mensuelle publiée le 12 octobre, la Banque de France envisageait encore une progression du PIB de l’ordre de 0,1 % au troisième trimestre.
Les chiffres du 30 octobre sont une première estimation, susceptible de révisions avec l’intégration de nouvelles données. L’Insee doit publier les résultats détaillés du troisième trimestre le 27 novembre.