Crise : le pétrole à 150 dollars le baril est déjà là

Le pétrole franchit un seuil critique. À Oman, les prix dépassent déjà les 150 dollars le baril, soit environ 140 euros, un niveau jamais atteint qui ravive le spectre des grands chocs énergétiques mondiaux et fait planer une menace directe sur l’économie globale.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 18 mars 2026 7h54
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Crise : le pétrole à 150 dollars le baril est déjà là - © Economie Matin
147 DOLLARSLe record historique du pétrole est de 147 dollars le baril.

Mars 2026 marque un tournant brutal pour le marché du pétrole. En quelques jours, la référence omanaise s’est envolée jusqu’à près de 154 dollars le baril, soit environ 143 euros, un record historique qui fait craindre une crise énergétique majeure alors que les tensions à Ormuz sont au plus haut.

Le pétrole s’envole à Oman : record de prix pour le baril

La flambée du pétrole observée à Oman ne relève pas d’une simple volatilité de marché. Elle s’inscrit dans une crise structurelle de l’offre, provoquée par des perturbations majeures dans le Golfe. Selon le Financial Times du 17 mars 2026, le baril omanais a atteint environ 154 dollars, établissant un record absolu. Ce choc trouve son origine dans la paralysie partielle du détroit d’Ormuz. Cette zone stratégique assure habituellement le passage d’environ 20 % du pétrole mondial, soit près de 20 millions de barils par jour.

Dans ce contexte, la réaction des acheteurs est sans équivoque. Les raffineries, confrontées à un risque réel de pénurie, se ruent sur les cargaisons disponibles. Cette tension sur l’offre explique la hausse rapide et brutale des prix. Comme l’a résumé David Fyfe, économiste cité par le Financial Times, « c’est la rareté physique qui fait monter les prix ». Par ailleurs, les attaques ciblant les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient contribuent directement à la pression haussière sur le pétrole, renforçant la crainte d’un choc durable.

Vers un record mondial du prix du pétrole brut ?

Cette envolée ne se limite pas au brut omanais. Elle s’inscrit dans une dynamique globale de tension sur le marché du pétrole. Le Brent, référence mondiale, est ainsi passé d’environ 72,48 dollars (67 euros) fin février à plus de 103,14 dollars (95 euros) en mars 2026. Son prix s’est stabilisé au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars, malgré les mesures prises, notamment par l’AIE. Les acteurs du marché anticipent désormais une crise énergétique d’ampleur. Selon Euronews, plusieurs analystes estiment que les prix pourraient se stabiliser entre 150 et 200 dollars le baril.

Ainsi, le seuil des 150 dollars n’est plus une hypothèse. Il constitue désormais une réalité observable sur certains marchés, et un horizon crédible pour l’ensemble du pétrole mondial. La crise actuelle est d’autant plus préoccupante qu’elle est décrite comme la plus grave perturbation de l’offre énergétique depuis les années 1970.

Les records historiques du pétrole dépassés

Pour mesurer l’ampleur du choc actuel, il faut revenir sur les précédents records du pétrole. Historiquement, le pic mondial le plus marquant remonte à juillet 2008, lorsque le Brent avait atteint environ 147 dollars le baril, soit près de 135 euros actuels. Ce niveau, longtemps considéré comme un plafond, avait été provoqué par une combinaison de forte demande mondiale et de tensions géopolitiques. Il avait précédé de peu la crise financière mondiale, marquant durablement les esprits. Mais à l'époque, le pétrole d'Oman n'avait pas battu des records, s'établissant aux alentours des 90 dollars le baril.

Plus récemment, en 2022, le pétrole avait de nouveau franchi la barre des 100 dollars dans le contexte de la guerre en Ukraine. Toutefois, les prix étaient restés largement inférieurs aux niveaux actuels, oscillant autour de 120 dollars au maximum. La situation de 2026 dépasse donc ces précédents épisodes. Non seulement le seuil de 150 dollars est franchi, mais il intervient dans un contexte de rupture d’approvisionnement physique, ce qui renforce sa gravité.

Contrairement à 2008, où la spéculation jouait un rôle majeur, la hausse actuelle repose sur une contrainte réelle d’offre. C’est précisément ce qui inquiète les marchés.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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