Pétrole : le Qatar voit déjà le baril à 150 dollars ! Nouveau record en vue ?

La flambée du pétrole inquiète à nouveau les marchés mondiaux. Au cœur des tensions géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient, le Qatar brandit un avertissement spectaculaire : si la guerre se prolonge dans la région, les exportations énergétiques pourraient s’arrêter et le baril s’envoler vers des niveaux jamais vus depuis près de deux décennies.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Last modified on 6 mars 2026 13h21
Prix Des Carburants Hausse 2023 Voiture Energie Cout Inflation Petrole
Pétrole : le Qatar voit déjà le baril à 150 dollars ! Nouveau record en vue ? - © Economie Matin
89 DOLLARSLe Brent frôle désormais les 89 dollars le baril.

Vendredi 6 mars 2026, les marchés pétroliers ont brutalement réagi aux déclarations du ministre qatari de l’Énergie. Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de frappes visant des infrastructures énergétiques, l’hypothèse d’une rupture des flux d’hydrocarbures du Golfe est désormais évoquée publiquement.

Le pétrole a déjà bondi à son plus haut niveau depuis près de deux ans. Mais selon Doha, le scénario le plus sombre reste à venir. Si les tensions avec l’Iran s’aggravent, les exportations d’énergie pourraient s’interrompre, ouvrant la voie à une flambée historique du prix du baril qui pourrait dépasser son record historique.

Pétrole : le Qatar alerte sur un choc énergétique mondial

Les propos du ministre qatari de l’Énergie ont résonné comme un signal d’alarme dans l’industrie pétrolière. Selon lui, l’intensification de la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer une rupture brutale de l’approvisionnement mondial. « Si la guerre continue, tous les exportateurs d’énergie du Golfe pourraient être contraints d’arrêter leurs livraisons dans quelques semaines », a déclaré Saad al-Kaabi, ministre de l’Énergie du Qatar, cité par Reuters.

L’avertissement n’est pas anodin. Le Golfe persique constitue le cœur énergétique de la planète. Les principaux producteurs mondiaux – Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis ou encore Irak – y concentrent une part essentielle des exportations mondiales de pétrole et de gaz.

Or les infrastructures de la région sont désormais directement exposées au conflit. Plusieurs attaques de drones ont récemment visé des installations énergétiques au Moyen-Orient, perturbant notamment la production de gaz au Qatar et certaines infrastructures pétrolières saoudiennes, détaille Reuters. Dans ce contexte explosif, les marchés commencent à intégrer un risque extrême. Le ministre qatari évoque déjà un scénario où les flux énergétiques seraient interrompus pendant plusieurs semaines. Une perspective qui ferait immédiatement basculer le marché mondial dans une situation de pénurie.

Saad al-Kaabi va plus loin encore dans son diagnostic. « Une guerre au Moyen-Orient pourrait entraîner un effondrement de l’économie mondiale », a-t-il averti, selon le média financier AAStocks.

Le prix du baril pourrait atteindre 150 dollars et battre tous les records

La réaction des marchés pétroliers ne s’est pas fait attendre. Les cours ont bondi et le pétrole a atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans. Le Brent s’est ainsi rapproché des 89 dollars le baril, soit environ 82 euros, marquant la plus forte progression hebdomadaire depuis plusieurs années, d’après The Guardian.

Mais ce niveau pourrait n’être qu’un avant-goût de ce qui attend les marchés. Les autorités qataries évoquent désormais ouvertement la possibilité d’un baril à 150 dollars, soit environ 138 euros. Un tel prix représenterait un choc énergétique mondial et une première absolue dans l’Histoire.

Un tel niveau n’a été approché qu’une seule fois dans l’histoire récente du marché pétrolier. En juillet 2008, au sommet de la bulle des matières premières avant la crise financière mondiale, le prix du pétrole avait atteint environ 147 dollars le baril. Depuis lors, aucune crise – ni la pandémie, ni la guerre en Ukraine – n’a permis de franchir ce record historique. Le simple fait que ce seuil soit à nouveau évoqué par un ministre de l’Énergie du Golfe souligne l’ampleur des tensions actuelles.

L’avertissement est clair : si le conflit s’intensifie et si les exportations du Golfe sont interrompues, le pétrole pourrait retrouver – voire dépasser – les niveaux records observés lors de la crise énergétique de 2008.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

No comment on «Pétrole : le Qatar voit déjà le baril à 150 dollars ! Nouveau record en vue ?»

Leave a comment

* Required fields