Le déploiement de la recharge électrique gagne du terrain dans les immeubles français. Au deuxième trimestre 2026, 18 289 immeubles collectifs disposent déjà d’une infrastructure collective, tandis que 43 648 ont validé son installation. Le mouvement progresse donc rapidement, mais l’écart entre décision et équipement reste considérable. Surtout, le coût n’est plus nécessairement supporté directement par la collectivité de copropriétaires : plusieurs mécanismes permettent désormais de limiter, voire de supprimer, l’avance financière nécessaire à l’installation.
Recharge électrique : 18 289 immeubles équipés, mais encore des milliers de projets à concrétiser

Recharge électrique dans les immeubles : 18 289 bâtiments déjà équipés
Le paysage du résidentiel collectif français a nettement changé. Le baromètre de l’Avere-France publié fin juin 2026, recense 18 289 immeubles déjà dotés d’une infrastructure collective de recharge électrique. Ce volume atteignait 12 628 immeubles au deuxième trimestre 2025. Ainsi, la progression atteint 45 % en douze mois, selon le baromètre publié par l’Avere-France le 2 septembre 2026. Par ailleurs, ces immeubles représentent 7,2 % des 252 000 bâtiments collectifs avec parking recensés dans le périmètre étudié. Cette base comprend les copropriétés, les bailleurs sociaux et les bailleurs privés, dans le neuf comme dans l’existant. En outre, l’étude précise que les données relatives aux immeubles équipés proviennent de l’AFOR, d’Enedis et des entreprises locales de distribution représentées par l’UNELEG et ELE. Le chiffre donne donc une photographie structurée du déploiement national, plutôt qu’une simple estimation commerciale. Selon le document, « 18 289 immeubles déjà équipés soit 7,2% des immeubles collectifs », indique le baromètre des infrastructures de recharge en résidentiel collectif du deuxième trimestre 2026, publié par l’Avere-France le 2 septembre 2026.
Le mouvement est toutefois plus large que les seuls immeubles déjà opérationnels. Au deuxième trimestre 2026, 43 648 immeubles avaient validé le déploiement d’une infrastructure collective de recharge électrique, contre 37 326 au même trimestre de 2025. L’augmentation atteint donc 17 % sur un an. Surtout, le nombre de projets validés représente environ 17 % des immeubles collectifs équipés d’un parking, selon la méthodologie du baromètre. Cela signifie qu’un peu plus d’un immeuble sur six a désormais franchi l’étape de la décision, alors que moins d’un sur treize dispose déjà de l’infrastructure. Ainsi, 25 359 immeubles ayant validé leur projet ne sont pas encore comptabilisés parmi les bâtiments équipés. Cette différence constitue l’un des principaux enseignements du marché actuel. D’une part, les assemblées de copropriétaires se montrent davantage disposées à lancer une installation. D’autre part, la transformation de la décision en chantier puis en équipement demeure progressive. Entre les deux étapes, il faut notamment déterminer la solution technique, obtenir les devis nécessaires et organiser le raccordement. Enedis rappelle d’ailleurs que l’installation collective peut être mise en place dans un délai de six mois après la signature de la convention dans le cadre de sa solution de réseau électrique auto.
Recharge électrique : le nombre de projets progresse plus vite que les équipements
L’évolution trimestrielle confirme cette accélération. Le nombre d’immeubles ayant validé un projet est passé de 33 880 au quatrième trimestre 2024 à 35 072 au premier trimestre 2025, puis à 37 326 au deuxième trimestre 2025. Il a ensuite atteint 38 246 au troisième trimestre, 39 648 au quatrième trimestre, 41 175 au premier trimestre 2026 et enfin 43 648 au deuxième trimestre 2026. Dans le même temps, les immeubles réellement équipés sont passés de 10 595 à 11 118, puis à 12 628, 13 685, 15 135, 17 546 et 18 289. Ainsi, le rythme des décisions reste supérieur à celui des installations achevées. Cette chronologie montre surtout que le marché entre dans une phase de rattrapage : les décisions accumulées alimentent progressivement les travaux. Par conséquent, la recharge électrique pourrait continuer à progresser dans les immeubles même sans accélération supplémentaire des nouveaux votes. Le stock de projets déjà approuvés constitue en effet un réservoir important d’installations futures. L’Avere-France souligne elle-même que près de 44 000 copropriétés ont validé un projet d’infrastructure collective, tandis que plus de 18 000 immeubles en disposent déjà. Clément Molizon, délégué général de l’Avere-France, affirme : « Ces chiffres montrent que le développement de la recharge s’accélère à la fois sur l'espace public et à domicile, créant un parcours de recharge toujours plus complet pour accompagner la transition vers l’électrique. » Cette déclaration figure dans la publication Avere-France du 2 septembre 2026.
Le nombre de points de charge confirme cette montée en puissance. Au deuxième trimestre 2026, 44 331 points de recharge étaient recensés dans le résidentiel collectif, contre 32 069 un an auparavant. La progression atteint donc 38 %. Au premier trimestre 2026, le total s’élevait déjà à 41 186 points, contre 37 664 au quatrième trimestre 2025. Par conséquent, 3 145 points supplémentaires ont été comptabilisés entre les deux premiers trimestres de 2026. Cette progression ne correspond toutefois pas exactement au nombre d’immeubles équipés, puisque plusieurs points peuvent être installés dans un même bâtiment. L’Avere-France précise également que cet indicateur est alimenté par le programme Advenir et qu’il recense les points financés par ce dispositif dans les copropriétés. Il inclut les points individuels ainsi que ceux partagés entre plusieurs copropriétaires. Cette précision est importante pour comprendre l’écart entre le nombre d’immeubles et celui des équipements. En pratique, la recharge électrique se déploie donc selon plusieurs configurations, allant de la borne individuelle à l’infrastructure collective destinée à accueillir progressivement de nouveaux utilisateurs. L’enjeu n’est plus seulement d’installer une borne, mais de préparer un parking capable d’absorber une demande croissante.
Recharge électrique en copropriété : quel coût pour un immeuble ?
La question financière reste néanmoins déterminante. Le coût dépend d’abord du modèle choisi, de la configuration du parking et de la puissance demandée. Dans une infrastructure collective financée directement par les copropriétaires, la dépense peut être significative, notamment lorsque le chantier nécessite des travaux complémentaires. En revanche, le modèle de préfinancement proposé par Enedis modifie fortement cette équation. Le gestionnaire du réseau explique qu’une infrastructure collective peut être installée sans reste à charge pour la copropriété dans le cadre de son dispositif de réseau électrique auto. En contrepartie, les résidents intéressés remboursent leur part lorsqu’ils se raccordent effectivement à l’infrastructure. Ainsi, le coût initial ne repose plus nécessairement sur l’ensemble des propriétaires. Enedis précise que « votre immeuble peut faire installer une infrastructure collective sans reste à charge pour la copropriété », dans les conditions prévues par son dispositif de préfinancement. Cette formulation figure sur la page consacrée au réseau électrique auto, consultée le 4 septembre 2026. Toutefois, certains travaux complémentaires peuvent rester à la charge de la copropriété, notamment lorsqu’un parking nécessite du terrassement ou d’autres interventions lourdes. Le coût réel dépend donc toujours de la configuration du site.
Pour l’utilisateur individuel, le préfinancement ne signifie cependant pas une installation gratuite. En 2026, Enedis indique que la contribution au remboursement de l’infrastructure collective varie selon le coût global du réseau et la puissance demandée, avec des niveaux de puissance de 9, 12 ou 36 kVA. La contribution est comprise entre 456 euros TTC et 2 267 euros TTC, selon les montants fixés par arrêté et révisés annuellement. À cette somme peut s’ajouter le coût de la dérivation individuelle reliant l’infrastructure à la place de stationnement. Enedis indique un montant de 310 euros TTC pour une dérivation réalisée immédiatement lors des travaux de l’infrastructure collective, contre 389 euros TTC lorsqu’elle intervient ultérieurement, selon son barème mentionné sur la page consultée. Par ailleurs, la borne ou la prise installée sur la place constitue une dépense distincte. Le coût final dépend donc du montage financier, du niveau de puissance et de la distance entre le réseau collectif et l’emplacement. Cette architecture explique pourquoi deux projets apparemment comparables peuvent présenter des factures très différentes. Elle montre aussi pourquoi le choix du modèle économique intervient désormais aussi tôt que le choix technique. Enfin, le cadre réglementaire prévoit qu’une infrastructure collective ne peut être imposée comme unique solution de recharge dans un immeuble. Légifrance précise que les conditions prévues par la convention « ne peuvent faire obstacle à la mise en œuvre d'autres solutions de recharge pour les emplacements de stationnement de l'immeuble ». Cette disposition figure dans le Code de l’énergie, dans sa version en vigueur au 4 septembre 2026.