Rentrée festive : vos yeux trinquent avant votre foie

Septembre rime avec rentrée, mais aussi avec retrouvailles. Les collègues autour d’un verre après le bureau, les dîners en famille, les apéros entre amis… Après l’été, les occasions de consommer de l’alcool se multiplient. Le verre levé est synonyme de convivialité. Mais derrière ce geste anodin, une réalité médicale trop souvent ignorée : l’alcool ne se contente pas d’altérer le foie ou le cerveau, il attaque aussi vos yeux. Et parfois, de façon irréversible.

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By Romain Nicolau Published on 10 septembre 2025 5h30
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS, classe l’alcool comme cancérogène avéré de groupe 1, au même titre que l’amiante ou le tabac.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS, classe l’alcool comme cancérogène avéré de groupe 1, au même titre que l’amiante ou le tabac. - © Economie Matin
23,5%23,5% des jeunes de 15 à 19 ans boient de l'alcool.

La vision, première victime invisible de l’alcool

Dès les premiers verres, la vision se brouille. Le cerveau et les yeux ne communiquent plus à la même vitesse : le temps de réaction s’allonge, les distances deviennent difficiles à évaluer, les contrastes s’atténuent. Résultat : une conduite dangereuse, des gestes maladroits, et une perception de l’environnement faussée. Ce n’est pas seulement « l’esprit qui vacille », ce sont les yeux qui cessent de fonctionner normalement.
Les symptômes immédiats sont souvent minimisés : paupières lourdes, regard vitreux, yeux secs et gonflés. Mais derrière ce tableau de « fatigue » se cache un trouble visuel bien réel et mesurable.

Quand les excès détruisent la vue

Dans les cas d’intoxications massives, l’alcool peut aller jusqu’à provoquer une neuropathie optique : destruction brutale et irréversible du nerf optique. La sanction est lourde : une perte de vision sévère, sans possibilité de récupération. Ce scénario, heureusement rare, illustre toutefois la toxicité directe de l’alcool sur l’appareil visuel.

L’alcoolisme chronique : le piège de la durée

Contrairement aux idées reçues, l’alcoolisme chronique seul ne mène pas systématiquement à la cécité. Mais associé au tabac, il devient un cocktail explosif. Tabac et alcool ensemble accélèrent le vieillissement des tissus oculaires : glaucome plus précoce, cataracte qui apparaît plus vite, dégénérescence maculaire (DMLA) aggravée. En clair, vos yeux vieillissent à une vitesse accélérée. Un double fardeau évitable.

Les chiffres à retenir

Les recommandations officielles fixent un cadre :
  • Maximum 2 verres par jour, jamais plus de 10 par semaine.
  • Et surtout : deux jours d’abstinence totale pour permettre au corps, et aux yeux, de récupérer.
Un verre, c’est 10 cl de vin, un demi de bière à 5°, ou un petit verre d’alcool fort. Une dose standard, souvent sous-estimée lors des soirées.
Rentrée : un appel à la vigilance
Nous vivons dans une société où l’alcool est omniprésent, banalisé, presque incontournable. Mais à chaque verre, ce n’est pas seulement votre esprit qui s’anesthésie. Vos yeux, eux aussi, encaissent le choc.
Alors que la rentrée bat son plein et que les apéros se succèdent, il est essentiel de se souvenir que nos yeux trinquent plus vite que nous.
En conclusion, prendre soin de sa vision, c’est aussi savoir lever son verre avec modération. Voir clair demain, c’est apprendre à boire clair aujourd’hui.
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 chirurgien ophtalmologue spécialisé dans la chirurgie au laser.

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