Alors que la rougeole semblait reculer en France, les chiffres récents dévoilent une recrudescence inattendue. Derrière cette augmentation, plusieurs facteurs combinés interrogent les autorités sanitaires.
Rougeole : le nombre de cas est 4 fois plus élevé qu’en 2023 en France

Le 28 avril 2025, Santé publique France a publié son bilan annuel, révélant une forte progression de la rougeole sur le territoire national. En 2024, 483 cas ont été recensés, contre environ 120 en 2023. Cette évolution alerte les autorités sanitaires, sans pour autant justifier une situation d’urgence nationale.
Rougeole : en France, une progression significative mais maîtrisée
Le nombre de cas de rougeole recensés en France en 2024 a été multiplié par quatre par rapport à l'année précédente. Santé publique France, dans son rapport du 25 avril 2025, précise que 483 cas ont été déclarés, dont 84 importés. Cette augmentation, bien que spectaculaire, reste toutefois inférieure aux niveaux observés avant la pandémie de Covid-19, où la moyenne annuelle s’élevait à plus de 2 000 cas entre 2017 et 2019.
Les autorités sanitaires attribuent cette résurgence principalement à la diminution de la couverture vaccinale, phénomène observé à l’échelle mondiale après la crise sanitaire liée au Covid-19. L’épidémie actuelle touche 62 départements métropolitains, tandis qu’aucun cas n’a été signalé en Outre-mer.
La région Auvergne-Rhône-Alpes a été particulièrement affectée, avec un foyer majeur signalé dans une crèche entre janvier et avril 2024, impliquant 53 cas.
Transmission de la rougeole : quand la couverture vaccinale vacille
La transmission du virus de la rougeole repose sur un mécanisme extrêmement contagieux. Une personne infectée peut contaminer jusqu'à vingt personnes non immunisées par simple contact respiratoire. Ce potentiel épidémique est d’autant plus élevé dans un contexte de couverture vaccinale insuffisante.
En 2024, parmi les individus éligibles à la vaccination et dont le statut vaccinal est connu, 64 % n'étaient pas vaccinés, 15 % avaient reçu une dose du vaccin, 18 % étaient vaccinés avec deux doses et 3 % étaient vaccinés sans que le nombre précis de doses ne soit précisé. Ces données, extraites du bilan de Santé publique France, révèlent que la protection collective reste fragile malgré les efforts de prévention.
Les foyers de transmission identifiés concernent principalement les crèches, les écoles et les milieux familiaux, mais également certaines populations précaires. En particulier, les cas groupés observés dans plusieurs crèches ont entraîné une forte incidence chez les nourrissons de moins d’un an, avec un taux de 11,14 pour 100 000 habitants, supérieur aux années précédentes.
Qui sont les personnes les plus touchées par la rougeole en 2024 ?
Les nourrissons de moins d'un an, qui ne peuvent pas encore être vaccinés, constituent la population la plus vulnérable face à la rougeole. Les enfants de moins de cinq ans et les adultes de plus de trente ans représentent également une part importante des cas enregistrés.
D’après les chiffres officiels, 144 personnes ont dû être hospitalisées, soit près d’un tiers des cas confirmés. Parmi elles, sept ont été prises en charge en service de réanimation. Les complications les plus fréquentes, notamment des pneumopathies, ont touché 66 patients, en majorité des adultes âgés de plus de trente ans.
En revanche, il est important de souligner qu’aucun décès lié à la rougeole n'a été rapporté en France au cours de l'année 2024, comme l’indique Santé publique France.
Rougeole : une vigilance de mise mais sans dramatisation
Malgré cette augmentation notable des cas, les autorités sanitaires relativisent la situation. Santé publique France rappelle que « le nombre de cas reste limité par rapport à la moyenne des années antérieures à la pandémie ».
Ainsi, même si le nombre de malades a quadruplé en un an, il demeure très inférieur aux chiffres enregistrés avant 2020. La dynamique actuelle exige une vigilance accrue, notamment en termes de couverture vaccinale et de surveillance épidémiologique, mais ne justifie pas un climat d’alarmisme généralisé.
Les campagnes de sensibilisation à la vaccination et les rappels destinés aux adultes non immunisés constituent des leviers essentiels pour prévenir de futures flambées. À ce jour, l’épidémie est contenue et les conséquences graves restent rares en France.
