La Banque de France mesure une hausse moyenne de 1,7 % des salaires négociés dans les entreprises au troisième trimestre 2026, contre 2,5 % d’inflation sur la période. Le relèvement du Smic pousse certaines branches à revoir leurs grilles, mais la transmission aux accords salariaux reste limitée.
Salaires négociés : les hausses de 1,7 % restent sous l’inflation au troisième trimestre

Les hausses de salaires prévues par les accords d’entreprise atteignent en moyenne 1,7 % sur un an au troisième trimestre 2026, un rythme inchangé par rapport au trimestre précédent. Dans les branches professionnelles, les minima conventionnels progressent de 1,2 %. Ces résultats figurent dans la statistique sur les salaires négociés publiée le 30 octobre par la Banque de France, qui relève un décalage persistant entre les négociations salariales et le retour de l’inflation.
Sur la même période, l’inflation moyenne mesurée par l’indice des prix à la consommation atteint 2,5 % sur un an, après 2,1 % au deuxième trimestre et 1 % au premier. La comparaison fait apparaître un écart de 0,8 point avec la hausse moyenne des accords d’entreprise et de 1,3 point avec celle des minima de branche. Ces indicateurs ne décrivent toutefois pas à eux seuls l’évolution du pouvoir d’achat de chaque salarié : ils portent sur les augmentations négociées du salaire de base, non sur l’ensemble des rémunérations effectivement versées.
Le Smic accélère la révision des bas de grille
La dynamique est différente au niveau du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Après une première revalorisation en janvier, son montant a été relevé de 2,41 % au 1er juin 2026, à 12,31 euros brut de l’heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein, selon les montants officiels présentés par Service Public. Dans les calculs trimestriels de la Banque de France, le Smic est ainsi supérieur de 3,6 % à son niveau moyen d’un an auparavant.
Cette progression oblige les branches dont certains minima conventionnels se trouvent dépassés à réexaminer leurs grilles. La Banque de France constate une hausse de 1,3 % des minima situés à moins de 1,05 Smic, contre 1 % pour ceux dépassant 1,6 Smic. Plusieurs branches ont signé un deuxième accord salarial en 2026 afin de remettre leurs classifications en conformité avec le minimum légal.
Davantage d’accords au-dessus de 2 %, sans accélération générale
La répartition des augmentations évolue. Dans les branches, 24 % des hausses négociées dépassent 2 % au troisième trimestre, contre 16 % au deuxième. Pour les accords d’entreprise, cette proportion passe de 21 % à 29 %. Pourtant, la moyenne des augmentations d’entreprise demeure à 1,7 % : les accords les plus dynamiques ne suffisent donc pas à entraîner une accélération générale de l’indicateur.
Le calendrier des négociations contribue à ce décalage. Les accords de branche et d’entreprise sont souvent conclus avant que les nouvelles tensions sur les prix ne soient pleinement connues. Le troisième trimestre est également une période où le nombre d’accords signés est habituellement réduit, ce qui invite à la prudence dans l’interprétation des changements de distribution.
Des indicateurs distincts de la rémunération réellement perçue
La Banque de France construit ses séries à partir des accords publiés sur Légifrance. Pour les entreprises, elle retient les enveloppes d’augmentations générales et individuelles du salaire de base, sans intégrer les primes ni les heures supplémentaires. Le salaire moyen par tête, qui inclut ces autres composantes et les effets de structure de l’emploi, progressait pour sa part de 1,8 % sur un an au deuxième trimestre, selon les données rappelées dans l’étude.
La prochaine séquence de négociations devra ainsi composer avec deux évolutions déjà mesurées : le renchérissement des prix et le relèvement du plancher légal. Les chiffres du troisième trimestre montrent surtout que leur répercussion sur les grilles et les accords d’entreprise reste inégale selon les niveaux de rémunération.