Une enquête récente met en lumière la perception des jeunes adultes face aux injonctions sociales, esthétiques et comportementales. L’étude explore les effets de ces normes sur leur bien-être et leur santé mentale, dans un contexte où ce sujet devient une priorité nationale.
Santé mentale : 50 % des jeunes fragilisés par les diktats sociaux et esthétiques

Le 16 juin 2025, dans le cadre de la Grande Cause Nationale consacrée à la santé mentale, BRITA, en partenariat avec l’institut Civey, a publié une enquête européenne centrée sur le bien-être des jeunes de 16 à 30 ans. Menée dans huit pays, dont la France, cette étude visait à mieux comprendre l’impact des normes sociales, de la quête de performance et de la pression esthétique sur la santé mentale des jeunes générations. En France, un jeune sur deux déclare ressentir ces influences comme des obstacles à son authenticité.
L’authenticité, un levier de bien-être mais difficile à atteindre
Parmi les résultats les plus significatifs, 86 % des sondés affirment agir en cohérence avec leurs valeurs personnelles, mais seuls 25 % déclarent se sentir véritablement authentiques dans leurs relations avec les autres. Cette disparité interroge. Près de 58 % évoquent une pression sociale comme frein à cette authenticité, tandis que 49 % mentionnent la peur du rejet et 46 % un manque de confiance en soi. Pour 56 % des répondants, l’authenticité est néanmoins perçue comme un facteur déterminant de bien-être personnel. « Ils sont même plus de 60 % à affirmer que le sentiment d’authenticité joue un rôle clé dans leur épanouissement personnel », souligne le communiqué officiel de BRITA daté du 16 juin 2025.
Des indicateurs préoccupants sur le moral des adolescents
Ces perceptions font écho à d’autres indicateurs de santé mentale en France. Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 45 % des adolescents présentent aujourd’hui des signes d’anxiété, tandis que 40 % évoquent des symptômes dépressifs réguliers. La fatigue chronique touche 72 % des jeunes, selon une étude de l’Inserm en 2025, qui établit également un lien entre l’usage intensif des écrans et les troubles anxieux. Les hospitalisations pour tentatives de suicide chez les filles de 10 à 19 ans ont augmenté de 133 % depuis 2020, selon Santé Publique France.
Des espaces de répit face aux diktats sociaux
Face à ce contexte, les jeunes recherchent des moyens pour rester connectés à leur identité personnelle. L’enquête BRITA-Civey révèle que 48 % trouvent un appui dans la musique, 40 % dans leurs relations de confiance, 38 % dans la pratique sportive, et 34 % dans les sorties. Ces activités sont perçues comme des espaces de répit dans un environnement perçu comme normatif, notamment en ligne, où un jeune sur trois affirme modifier son comportement pour s’y adapter.
Vers une meilleure prise en charge de la santé mentale
La mobilisation institutionnelle autour de la santé mentale prend de l’ampleur. En janvier 2025, le gouvernement français a lancé un programme national axé sur la prévention, le renforcement des structures existantes et la déstigmatisation des troubles mentaux. Dix millions d’euros ont été engagés pour soutenir des dispositifs numériques de suivi psychologique, les Maisons des adolescents vont être doublées d’ici 2026, et de nouveaux services mobiles d’intervention psychiatrique (SAMU Psy) sont en déploiement. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique européenne. Le 17 juin 2025, à Paris, 31 pays membres de l’OMS Europe ont signé une déclaration commune en faveur d’une meilleure intégration de la santé mentale dans les politiques publiques.
Une initiative privée pour nourrir le débat public
À travers cette étude, BRITA entend mettre en lumière des enjeux sociétaux majeurs, en cohérence avec son engagement pour le bien-être global. « Être authentique, c’est être transparent, et c’est notre ADN depuis notre création en 1966 », a déclaré Antoine Giuntini, directeur général de BRITA France, dans le communiqué de presse du 16 juin 2025. En soulignant l’importance de valeurs telles que la transparence, la simplicité et la sincérité, la marque souhaite encourager un dialogue apaisé autour des aspirations des jeunes générations.
Une génération en quête d'équilibre entre normes et identité
L’ensemble des données met en évidence une tension entre la volonté d’affirmation de soi et les contraintes perçues du cadre social contemporain. L’authenticité, revendiquée comme un besoin essentiel, se heurte à des représentations et à des attentes parfois difficiles à concilier. Cette enquête apporte ainsi des éléments précieux pour nourrir les réflexions sur la santé mentale, en mettant en avant les leviers d’action possibles, tant au niveau personnel qu’institutionnel.
