Smart #2 marque le retour aux sources du constructeur sino-allemand avec sa future citadine électrique biplace. Présentée au salon de Pékin, cette remplaçante de la mythique Fortwo promet 300 km d’autonomie et une recharge ultra-rapide, mais devra composer avec un environnement tarifaire durci par les surtaxes européennes.
Automobile : Smart dévoile les traits de sa future citadine biplace, le Concept Smart #2

Smart #2 : le retour aux sources de la marque sino-allemande avec sa future citadine électrique
La marque Smart #2 amorce un tournant stratégique décisif pour le constructeur sino-allemand. Après des années vouées à des SUV imposants qui ont peiné à séduire le marché européen, Smart opère un véritable retour aux fondamentaux avec le dévoilement de son Concept #2. Cette future citadine biplace électrique, révélée en avant-première au salon de Pékin le 22 avril 2026, incarne la renaissance d'un segment que la marque a longtemps dominé avec l'emblématique Fortwo.
Ce repositionnement s'inscrit dans un contexte économique particulièrement mouvementé pour l'industrie automobile européenne. Les surtaxes douanières imposées par l'Union européenne aux véhicules produits en Chine bouleversent les équilibres tarifaires et contraignent les constructeurs à repenser leurs stratégies commerciales. Cette transformation rappelle les mutations qui touchent l'ensemble du secteur, comme l'illustrent les conditions d'une transformation réussie dans d'autres domaines économiques.
Un design néo-rétro qui préfigure la version de série
Le Concept Smart #2 arbore des dimensions ultra-compactes avec seulement 2,79 mètres de longueur, soit près d'un mètre de moins qu'une Fiat 500 contemporaine. Cette approche minimaliste s'accompagne néanmoins d'une prestance visuelle plus affirmée que ses prédécesseurs.
Selon les révélations du Mondial de l'Auto, qui a pu examiner le véhicule lors de l'événement pékinois, "le design a été conçu par les équipes de Mercedes-Benz, sous la supervision de Kai Sieber, responsable du design Smart". Cette continuité stylistique avec l'ADN Mercedes garantit une cohérence esthétique malgré la production chinoise.
Les choix chromatiques du concept trahissent une volonté de montée en gamme manifeste. La carrosserie blanc mat s'enrichit d'accents dorés sur les jantes surdimensionnées, la ligne de toit et les éléments décoratifs. Cette approche premium tranche avec l'image parfois spartiate des précédentes générations.
Une architecture technique révolutionnée pour optimiser l'espace urbain
La plateforme ECA (Electric Compact Architecture) constitue le socle technique de cette renaissance. Développée spécifiquement par les ingénieurs de Geely, cette base permet de repousser les roues aux quatre coins du châssis, maximisant ainsi l'habitabilité malgré les contraintes dimensionnelles.
Les performances annoncées marquent une rupture technologique significative. L'autonomie théorique atteint 300 kilomètres selon le cycle WLTP, tandis que la recharge rapide permet de passer de 10 à 80% en moins de 20 minutes. Le diamètre de braquage record de 6,95 mètres facilite les manœuvres urbaines, et l'intégration de la technologie V2L (Vehicle-to-Load) autorise l'alimentation d'appareils externes.
Ces caractéristiques techniques hissent la Smart #2 dans une catégorie supérieure à l'ancienne EQ Fortwo, dont l'autonomie n'excédait guère 150 kilomètres. Wolfgang Ufer, PDG de Smart Europe, souligne que "le Concept #2 combine la créativité et la passion de notre équipe de conception Mercedes-Benz et offre une vision claire des qualités futures de la smart #2".
Enjeux économiques et positionnement tarifaire dans un marché sous tension
Le lancement de la Smart #2 s'inscrit dans un environnement économique complexe. Les récentes mesures protectionnistes européennes à l'encontre des véhicules électriques chinois impactent directement la stratégie tarifaire de Smart. Initialement évoqué autour de 20 000 euros, le prix d'entrée pourrait désormais frôler les 25 000 euros.
Cette inflation tarifaire place le futur modèle en concurrence directe avec des alternatives européennes telles que la Citroën ë-C3 ou la future Renault Twingo E-Tech. Sur le marché chinois, la concurrence s'avère encore plus redoutable avec des modèles comme la Wuling Hongguang Mini ou la Geely Panda Mini EV, proposés à des tarifs particulièrement agressifs.
Selon MoteurNature, "Smart espère renouer avec le succès sur le continent européen, où ses récents SUV volumineux, comme le #5, n'ont pas totalement convaincu les fidèles de la marque". Cette stratégie de retour aux fondamentaux répond à une logique économique limpide : reconquérir un segment historiquement rentable. Cette approche évoque les transformations digitales qui révolutionnent les codes commerciaux, à l'image du QR Code qui redéfinit l'avenir du retail.
Calendrier de commercialisation et perspectives de marché
Le calendrier de lancement s'articule autour de plusieurs étapes stratégiques. L'habitacle du concept sera dévoilé en juin 2026, tandis que la version de série définitive sera présentée lors du Mondial de l'Automobile de Paris, du 12 au 18 octobre 2026. La commercialisation effective est programmée pour le courant 2027.
Cette temporalité permet à Smart de finaliser l'industrialisation tout en adaptant sa stratégie aux évolutions réglementaires européennes. La marque mise sur une fidélité de 95% entre le concept et la version de série, garantissant ainsi une cohérence visuelle forte.
L'enjeu économique transcende la simple reconquête d'un segment. Pour Smart, propriété conjointe de Mercedes-Benz et du groupe chinois Geely, la Smart #2 doit démontrer la viabilité du modèle économique sino-allemand face aux turbulences géopolitiques actuelles.
Impact sur l'écosystème automobile européen
Le retour de Smart sur le segment des micro-citadines survient à un moment charnière pour l'industrie automobile européenne. La disparition progressive des modèles thermiques de petite taille, conjuguée aux impératifs environnementaux, crée un vide que peu de constructeurs européens s'empressent de combler.
La stratégie de Smart pourrait influencer les décisions de ses concurrents, notamment Stellantis avec ses marques Fiat et Peugeot, ou le groupe Renault avec sa future Twingo électrique. L'équation économique demeure complexe : produire de petits véhicules électriques rentables nécessite une maîtrise industrielle et technologique que seuls quelques acteurs possèdent actuellement.
L'intégration de technologies avancées comme la recharge bidirectionnelle V2L témoigne d'une approche résolument moderne. Cette fonctionnalité, qui transforme le véhicule en source d'énergie mobile, répond aux nouveaux usages urbains et pourrait constituer un avantage concurrentiel déterminant. Les premières observations de terrain, notamment rapportées par iTransports, confirment le potentiel disruptif de cette nouvelle génération qui prolonge l'iconique Fortwo.
