Taxer les riches : la solution de facilité qui ruine la France

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By Agnès C.
Taxer les riches : la solution de facilité qui ruine la France
Taxer les riches : la solution de facilité qui ruine la France - © Economie Matin

Chaque automne, comme une messe, la gauche ressort la même liturgie : taxer les hauts patrimoines pour remplir les caisses vides. Sauf que les caisses sont vides précisément parce qu'on dépense trop, pas parce qu'on taxe insuffisamment. Un diagnostic faux produit immanquablement une ordonnance dangereuse.

58,2 %

La part des dépenses publiques dans le PIB français — record absolu en Europe, loin devant l'Allemagne (44,8 %) ou le Danemark (53 %).

L'impôt sur les riches : un fantasme qui a déjà un bilan

On peut se demander si ses partisans ont la mémoire courte ou s'ils misent sur celle des Français. L'impôt sur la fortune, la France l'a pratiqué pendant trente ans. Résultat ? Des milliers de contribuables aisés partis s'installer en Belgique, en Suisse ou au Portugal, emportant avec eux leurs capitaux, leurs entreprises et leurs emplois. La Direction générale des finances publiques elle-même avait chiffré l'hémorragie : entre 1997 et 2012, la France a perdu chaque année des milliards d'euros de base fiscale via cette fuite des capitaux.

La commission d'enquête parlementaire vient de rendre ses conclusions : le projet de taxation des hauts patrimoines a été écarté. Pas par idéologie, mais parce que les chiffres ne tiennent pas. Taxer un patrimoine qui peut se délocaliser en quarante-huit heures, c'est prendre le risque de tuer la poule aux œufs d'or. La Suède, souvent citée en modèle social, a supprimé son impôt sur la fortune en 2007. La Finlande aussi. L'Allemagne ne l'a jamais rétabli après sa suspension en 1997. Imaginez un instant que nos voisins les plus sérieux aient, eux aussi, tiré les leçons de l'expérience.

Le vrai problème : on dépense 400 milliards de trop

Force est de constater que le débat est posé à l'envers. Avec 3 460 milliards d'euros de dette et un déficit qui résiste à tous les plans de rigueur successifs, la question n'est pas "qui taxer de plus ?", mais "pourquoi dépense-t-on autant ?"

La réponse est arithmétique. La France consacre 58,2 % de son PIB à la dépense publique. L'Allemagne : 44,8 %. Si la France se hissait simplement au niveau allemand — qui n'est pourtant pas un désert social —, ce serait environ 350 à 400 milliards d'euros de dépenses en moins chaque année. Non pas en coupant les hôpitaux ou les écoles, mais en rationalisant un appareil d'État pléthorique, en réformant une fonction publique qui compte 5,7 millions d'agents, en supprimant les doublons d'un mille-feuille territorial qui fait sourire toute l'Europe.

Vous saviez que la France finance aujourd'hui 36 niveaux de collectivités différents ? Que certaines dépenses sociales ne font l'objet d'aucune évaluation sérieuse depuis leur création ? Qu'on subventionne parfois deux fois le même public via deux guichets distincts, gérés par deux administrations qui s'ignorent ?

Courage politique contre populisme fiscal

À l'automne, lors des discussions budgétaires, la tentation sera grande de choisir la voie de facilité : annoncer une belle taxe sur les millionnaires, faire vibrer les tribunes, et repousser à plus tard les vraies réformes structurelles. C'est exactement le scénario qui enfonce la France depuis vingt ans.

Le redressement des comptes publics n'est pas une option idéologique, c'est une nécessité arithmétique. Les marchés financiers, qui prêtent à la France à des taux de plus en plus élevés, ne font pas de politique. Ils lisent des bilans.

Ce qu'il faut au gouvernement en ce mois de juillet 2026, ce n'est pas un nouvel impôt. C'est un plan de réduction structurelle de la dépense publique, chiffré, séquencé, assumé. Avec des responsables politiques capables de dire aux Français une vérité simple : on ne peut pas indéfiniment dépenser l'argent qu'on n'a pas.

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Agnès C. est une économiste libérale qui conseille dans l'ombre une large partie du personnel politique français, proposant des solutions pragmatiques et courageuses pour redresser les comptes publics.

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