La Commission européenne a accepté le 26 octobre le plan d’action présenté par Temu après une amende de 200 millions d’euros. La plateforme dispose de quatre mois pour revoir son évaluation des risques, ses contrôles et le rôle de ses recommandations de produits, sous surveillance européenne.
Temu : Bruxelles accepte son plan de contrôle des produits illégaux, mais exige encore des preuves

La Commission européenne a accepté, lundi 26 octobre 2026, le plan par lequel Temu entend corriger ses manquements à la législation européenne sur les services numériques. Cette décision ouvre une nouvelle phase de contrôle pour la place de marché d'origine chinoise, sanctionnée en mai d'une amende de 200 millions d'euros pour avoir insuffisamment évalué les risques liés à la présence de produits illégaux sur son site.
Le plan comprend cinq mesures et prévoit une évaluation intermédiaire des risques dans un délai de quatre mois. Pour les consommateurs français, le dossier touche à une question très concrète : la fiabilité des produits proposés par les grandes plateformes de vente à bas prix, notamment les jouets et les petits appareils électriques.
Cinq engagements portant sur les contrôles et les recommandations
Selon la communication publiée le 26 octobre par la représentation de la Commission en Italie, Temu doit d'abord produire une analyse des risques adaptée au fonctionnement réel de sa plateforme, puis utiliser des indicateurs fiables pour mesurer l'efficacité des mesures destinées à limiter les annonces illégales.
La plateforme doit également examiner les faiblesses de ses systèmes de modération, qu'ils reposent sur des détections automatiques ou des vérifications humaines. Deux autres volets portent sur la façon dont les algorithmes de recommandation peuvent accroître la visibilité de produits illégaux et sur l'utilisation détournée des fonctionnalités du site par certains vendeurs pour diffuser leurs annonces.
Le sujet dépasse ainsi la suppression ponctuelle de fiches signalées. Il concerne aussi les mécanismes par lesquels des produits sont mis en avant, proposés à des acheteurs ou rendus visibles à grande échelle.
Quatre mois pour évaluer les risques, puis un audit indépendant
La Commission a fixé à Temu un délai de quatre mois pour mettre en œuvre le plan et réaliser une évaluation intermédiaire. Celle-ci doit examiner une période de six mois s'achevant le 30 novembre 2026. Cette date définit la période étudiée : elle ne correspond pas à l'échéance finale de l'ensemble du dispositif.
Les mesures doivent ensuite être soumises à une vérification externe et indépendante, dont les résultats seront transmis à Bruxelles. L'agence EFE précise que le comité européen des régulateurs du numérique avait estimé, en septembre, les propositions initiales seulement partiellement adéquates. La Commission a donc précisé ses exigences de mise en œuvre avant d'accepter le plan.
L'approbation de ce calendrier ne clôt pas le dossier de conformité et n'efface pas l'amende prononcée au printemps. Temu, qui a accueilli favorablement la décision selon Reuters, devra désormais démontrer l'efficacité de ses mesures dans la durée.
Pourquoi Bruxelles surveille particulièrement les jouets et l'électronique
La sanction de mai résultait d'une analyse de risques jugée trop générale et insuffisamment fondée sur les caractéristiques propres de Temu. La décision de la Commission du 28 mai 2026 soulignait notamment les résultats de contrôles réalisés sur des produits achetés anonymement : une forte proportion des chargeurs sélectionnés échouaient à des tests de sécurité de base, tandis que plusieurs jouets pour bébés présentaient des risques chimiques ou d'étouffement.
Les constatations portent sur les échantillons contrôlés, et non sur la totalité des références proposées sur la plateforme. Elles expliquent toutefois pourquoi les autorités européennes veulent une évaluation plus précise de la manière dont les produits non conformes peuvent être diffusés auprès des acheteurs.
Pour un ménage français, l'acceptation du plan n'est pas une certification des produits vendus. Les précautions habituelles restent pertinentes lors d'un achat, particulièrement pour les objets destinés aux jeunes enfants ou les équipements électriques : vérifier l'identité du vendeur, les informations de sécurité et la traçabilité du produit, puis consulter les alertes officielles en cas de doute.
Le prochain enjeu sera la qualité des contrôles effectivement mis en place par Temu et leur évaluation indépendante. C'est sur ces résultats, plutôt que sur la seule annonce d'un plan, que pourra être appréciée l'évolution de la protection des consommateurs européens.