Deux circulations directes TGV InOui ont été retirées en semaine entre Paris et Grenoble. La SNCF vise un rétablissement à partir du 14 décembre, tandis que les usagers alertent sur la fragilité économique de la desserte.
TGV Paris-Grenoble : deux trains directs supprimés en semaine, un retour annoncé en décembre

Deux circulations directes TGV InOui ont été retirées en semaine entre Paris et Grenoble. La SNCF vise un rétablissement à partir du 14 décembre, tandis que les associations d’usagers alertent sur la fragilité économique de cette liaison essentielle à l’Isère.
La réduction de l’offre a été confirmée par SNCF Voyageurs dans des informations rapportées le 26 octobre par Grenoble Mag. L’entreprise l’explique par les contraintes de disponibilité de ses rames et les opérations de maintenance. Elle présente les suppressions comme temporaires et évoque l’arrivée de nouveaux trains pour retrouver une desserte normale à partir du 14 décembre 2026.
Pour les voyageurs grenoblois, la différence est concrète : un trajet direct évite une correspondance, notamment pour les déplacements professionnels vers la capitale ou les retours en fin de journée. Les trains effectivement proposés varient selon la date et l’heure choisies. Les voyageurs doivent donc vérifier leur itinéraire au moment de réserver, plutôt que de se fier à une fréquence habituelle.
Une ligne fréquentée, mais économiquement fragile
Les difficultés dépassent la seule disponibilité des rames. La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) a alerté dès le 28 septembre sur l’équilibre de la liaison Paris–Grenoble. Elle souligne son rôle pour les habitants, les entreprises et le tourisme de la métropole grenobloise, tout en redoutant que la hausse des péages ferroviaires ne fragilise durablement l’offre.
Le rapport de la mission Bussereau, rendu public par le ministère chargé des Transports en juillet, décrit la relation comme un axe dont le trafic est suffisant, mais dont l’exploitation est déficitaire. Les données citées pour 2024 font état de plus de 1,3 million de voyageurs, de 169 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 80 millions d’euros de redevances ferroviaires. Ces montants éclairent les contraintes économiques, mais ne constituent pas à eux seuls un compte de résultat complet de la liaison.
Le parcours explique une partie de cette équation. D’après l’analyse de la FNAUT, environ un tiers du temps de trajet s’effectue sur une ligne classique plutôt que sur une ligne à grande vitesse. La fédération relève également les arrêts à Lyon-Saint-Exupéry et les réductions de dessertes déjà intervenues. La continuité du TGV direct constitue ainsi un enjeu propre au bassin grenoblois, au-delà du seul nombre de voyageurs transportés.
Le financement des dessertes au cœur des discussions
Les péages sont les sommes versées par les transporteurs à SNCF Réseau pour utiliser les infrastructures. L’Autorité de régulation des transports a validé la grille prévue pour 2027-2029, comprenant des mesures de réduction en faveur de certaines dessertes d’aménagement du territoire. La FNAUT constate que Grenoble ne bénéficie pas du dispositif applicable à certaines sections de lignes classiques et demande d’en revoir les critères.
La mission Bussereau a proposé plusieurs pistes : modulation des péages, amélioration de la productivité, accords spécifiques et, à terme, mécanismes de solidarité entre opérateurs. Dans sa communication de juillet, le gouvernement a privilégié, à ce stade, les gains de performance et les dispositifs incitatifs. Aucune nouvelle aide spécifique à Paris–Grenoble n’a été annoncée dans ce cadre.
Une échéance pour les voyageurs en décembre
Le 14 décembre constitue désormais le prochain repère pour les usagers. La SNCF annonce un retour à la normale à cette période, mais les informations publiées ne détaillent pas encore les numéros ni les horaires des deux circulations concernées. Les voyageurs réguliers, notamment ceux qui organisent des allers-retours professionnels, devront comparer les trajets directs et les solutions avec correspondance au moment de l’ouverture ou de la mise à jour des réservations.
La perspective de décembre répond à la question immédiate de l’offre. Celle du financement demeure plus longue : la FNAUT souhaite que les prochaines règles de tarification prennent davantage en compte les besoins du territoire grenoblois. Le ministère situe pour sa part la réflexion sur le financement durable des dessertes TGV à l’horizon des années 2030.