Vanlife à louer : le boom discret d’un marché en « roue libre »

Coûteux à l’achat, les véhicules de loisirs séduisent de plus en plus les Français par le biais de la location. Vans aménagés, camping-cars ou combis vintage, la demande explose, portée par de nouveaux modèles économiques et une approche plus souple de la propriété. Cette tendance redessine en profondeur l’économie du tourisme mobile, où l’envie d’évasion n’a jamais été aussi forte.

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By Rédacteur Published on 9 août 2025 8h00
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Vanlife à louer : le boom discret d’un marché en « roue libre » - © Economie Matin
360 EUROSPour un van bien équipé, il faut compter environ 360 euros pour trois nuits

Une offre qui se démocratise

Vans aménagés, camping-cars, combis vintage… Le marché de la location de véhicules de loisirs connaît un essor spectaculaire en France. Face au coût prohibitif des modèles neufs — souvent compris entre 45 000 et 75 000 € —, la location devient une solution pragmatique pour tester la vanlife sans s’endetter. Pour un van bien équipé, il faut compter environ 360 € pour trois nuits, et jusqu’à 1 140 € la semaine.

Les acteurs de cette démocratisation, comme Roots Evasion, OnlyDrive ou All In Van Evasion, misent sur une diversité de gammes, de la mini-caravane teardrop au 4x4 compact aménagé, pour séduire les publics les plus divers. Le secteur s’adresse autant aux jeunes actifs qu’aux retraités, avides de liberté sans engagement de long terme. « C’est bien de tester des véhicules différents... On pense en acheter un plus tard », confie ainsi Cécile, cliente d’OnlyDrive Escapade en Vendée, interrogée par nos confrères de Ouest-France.

Une économie du loisir en mutation

La location de vans s’intègre dans une logique plus large de consommation alternative pour les loisirs. Entre mobilité partagée, économie de l’usage et tourisme responsable, ce segment évolue avec les attentes sociétales.

Le modèle Camping-Quart illustre cette mutation : pour 289 € par mois, un utilisateur peut disposer d’un véhicule sept semaines par an, sans s’occuper de l’assurance ni de l’entretien. « C’est zéro tracas », assure Jérôme Grimault, responsable de projet, qui note que « 60 % des clients ont plus de 60 ans ». Cette location récurrente, inspirée du système de multipropriété, séduit aussi par son prix journalier maîtrisé (79 €) et sa flexibilité intergénérationnelle. La gestion mutualisée des flottes optimise leur taux d’utilisation tout en réduisant les coûts fixes : ce modèle hybride entre leasing et propriété collective pourrait s’étendre à d’autres segments du tourisme.

Une dimension émotionnelle et identitaire

Au-delà de la praticité, louer un véhicule de loisirs relève d’un choix affectif. Le phénomène est particulièrement visible avec les combis Volkswagen des années 1970, proposés notamment par la société Vintage Camper. « Un combi, c’est complètement imparfait. C’est bruyant et lent, mais ça nous oblige à prendre notre temps », explique Cyril Blanc, loueur en Bretagne.

Le charme rétro et l’authenticité des matériaux — formica, vinyle, sellerie d’époque — participent à une expérience immersive, presque thérapeutique. « Partir trois jours en combi, ça devrait être remboursé par la Sécu », plaisante-t-il. À 400 € les deux nuits ou 800 € la semaine, l’attrait dépasse le prix : c’est l’émotion d’un voyage « hors du temps » qui est recherchée. Au-delà d’un simple moyen de transport, ces véhicules deviennent le support d’un storytelling de vacances.

Vers une professionnalisation accrue

Si la majorité des loueurs restent des entreprises locales, la croissance du marché pousse à une structuration plus professionnelle. Présentation rigoureuse des véhicules, guides d’utilisation illustrés, options premium (machine à café, literie complète, assurances avec franchise réduite) deviennent des standards.

Cette montée en gamme accompagne aussi une exigence accrue des clients, notamment en haute saison, où les tarifs peuvent grimper à 150 € la journée. Avec l’allongement de la durée moyenne des séjours et l’évolution des profils de locataires, l’économie de la vanlife tend vers une logique de micro-hôtellerie itinérante — souple, personnalisable, et en plein air.

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