Vinci, Technip, Thales : au Qatar, les entreprises françaises ont la cote

Qu’elles opèrent dans le BTP, comme Vinci, ou l’aérospatial, à l’image de Thales, les entreprises tricolores jouissent à Doha d’une solide réputation, due tant à leur expertise technique qu’à leurs pratiques vis-à-vis de leurs salariés.

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By La rédaction Published on 2 octobre 2026 9h52
Doha Qatar Macron 2
@shutter - © Economie Matin

Des stars de la Croisette aux satellites qataris, Thales a la tête dans les étoiles. Fin juin, le groupe français d'aérospatial et de défense a officialisé un juteux deal avec Doha. Plus précisément, c'est le site cannois de l'entreprise, Thales Alenia Space, qui a remporté un contrat portant sur la conception d'un satellite de télécommunications de dernière génération pour le compte de l'opérateur satellitaire qatari Es'hailSat.

Thales envoie Doha dans l'espace

Maître d'œuvre, Thales Alenia Space sera en charge de la conception, mais aussi de la fabrication, des essais et de la livraison du futur satellite. Baptisé Eshail-3/Türksat-Biruni, l'engin géostationnaire pourra être reprogrammé en orbite et à la demande, grâce à une plateforme numérique elle aussi imaginée par la société tricolore. Autrement dit, le Qatar s'en remet complètement à Thales pour assurer la fiabilité de ses télécommunications.

Une marque de confiance qui est reçue comme telle par le groupe français. « Ce contrat est important pour Thales Alenia Space car il reconnaît notre capacité à proposer un satellite de télécommunications entièrement numérisé, reconfigurable en orbite et capable d'intégrer des charges utiles répondant à des besoins commerciaux comme gouvernementaux », s'est félicité Hervé Derrey, le PDG de Thales Alenia Space, à l'occasion de la signature du document.

Technip met les gaz au Qatar

Thales n'est pas, loin s'en faut, l'unique entreprise française dont le savoir-faire a su convaincre les autorités qataries. En 2023, Technip Energies a ainsi été choisi par Qatar Energy afin de concevoir deux nouveaux trains de liquéfaction de gaz : un beau doublé pour la société française d'ingénierie, qui avait déjà remporté deux ans plus tôt un contrat équivalent pour le gisement gazier de North Field East, pour 13 milliards de dollars.

D'un montant, cette fois, de 10 milliards de dollars, ce nouveau contrat portait donc sur la conception et la livraison de deux mégatrains, d'une capacité de 8 millions de tonnes de gaz chacun. Ces deux commandes successives s'inscrivent dans l'objectif, pour Doha, de faire passer sa production annuelle de gaz naturel liquéfié (GNL) de 77 à 126 millions de tonnes. Et de ravir, ce faisant, la place de premier producteur mondial de GNL aux Etats-Unis.

« Ce contrat s'inscrit dans la continuité et permet de démontrer la robustesse de nos capacités d'exécution », déclarait alors aux Échos Arnaud Pieton, DG de Technip Energies, selon qui la confiance accordée par le Qatar « valide aussi notre positionnement et notre stratégie de nous concentrer sur les prospects à haute valeur ajoutée ». Et le quotidien économique de relever que Technip n'est pas le seul groupe tricolore engagé dans les projets gaziers de Doha, TotalEnergies ayant aussi été sélectionné pour son expertise sur le volet production.

Vinci construit le Qatar de demain

Les liens de confiance qui unissent sociétés françaises et entrepreneurs qataris ne datent pas d'hier. Il faut en effet remonter le temps, au moins jusqu'en 2007, année à partir de laquelle Vinci s'est durablement installé au Qatar afin d'aider le pays à moderniser ses infrastructures. Avec sa coentreprise franco-qatarie QDVC, le groupe français a ainsi participé à certains des chantiers les plus emblématiques du Qatar moderne : le Lusai Light Rail Transit System, la « ligne rouge » du métro de Doha, les Lusail Car Parks ou encore la New Orbital Highway 2.

Véritable VRP de l'excellence française dans le Golfe, Vinci ne s'est pas contenté d'amener au Qatar ses ingénieurs et leur expertise. Le groupe s'est aussi appliqué à transposer dans un pays à la mauvaise réputation sociale toute une série de bonnes pratiques vis-à-vis de ses salariés. Notamment les ouvriers migrants en provenance d'Asie du sud-est, qui travaillent par dizaines de milliers sur les chantiers pharaoniques du Golfe.

En étroite collaboration avec ses parties prenantes, QDVC a engagé des actions concrètes pour améliorer les conditions de vie et de travail de ses employés au Qatar. Le groupe s'est par exemple illustré dans la manière dont il a lutté contre le travail forcé, ou encore contre la pratique des frais de recrutement payés par les ouvriers étrangers à de douteuses agences de recrutement. Pour faire œuvre de transparence, Vinci a également ouvert les portes de ses chantiers qataris à des tiers externes chargés d'auditer ses propres pratiques. Excellence opérationnelle et sociale : la recette du succès français au Qatar ?

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