Votre voiture a plus de 10 ans ? Ce qui change réellement pour le contrôle technique

Le contrôle technique fait de nouveau débat en Europe, mais la perspective d’un passage annuel pour les voitures les plus âgées s’éloigne nettement. Une annonce qui change tout… ou presque, pour les automobilistes français.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N
By Aurélie Giraud Published on 25 novembre 2025 9h35
contrôle technique, véhicules 10 ans
Les voitures de plus de dix ans échappent, pour l’instant, au contrôle technique annuel. - © Economie Matin
11 ansC’est l’âge moyen du parc automobile français, selon le ministre des Transports.

L’Union européenne (UE) recule sur l’idée d’un contrôle technique annuel pour les véhicules de plus de dix ans, une mesure rejetée par une très large majorité d’États membres.

Ce que l’on sait aujourd’hui du contrôle technique : un projet européen en net reflux

Depuis le printemps, un sujet crispait les automobilistes : la possibilité, envisagée par la Commission européenne, d’imposer un contrôle technique tous les ans pour les véhicules de plus de dix ans. L’idée, présentée comme une mesure de sécurité routière, aurait concerné près de la moitié du parc français. Or, selon Le Figaro, l’option n’est plus réellement sur la table : « D’une très large majorité, le Conseil de l’Union européenne souhaite rejeter la proposition de la Commission visant à imposer des contrôles techniques annuels pour les véhicules de plus de dix ans », écrit le quotidien. Une position politique forte, confirmée par le Conseil lui-même.

Les États membres opposés à cette idée — dont la France — ont donc pris l’avantage sur ceux qui appliquent déjà une visite annuelle. Le ministre français des Transports avait d’ailleurs prévenu, lors de questions au gouvernement le 6 mai, qu’il était « résolument opposé » à une mesure qui « pourrait toucher des millions de Français ». Comme il l’avait rappelé, « l’âge moyen du parc automobile français est de 11 ans, cette mesure concernerait donc un véhicule sur deux ».

Selon les informations rapportées par Le Figaro, cette opposition majoritaire a été actée lors d'une réunion du Coreper (Comité des représentants permanents adjoints) le 21 novembre. Le Conseil adoptera formellement sa position lors de la réunion des ministres des Transports.

Ce qui va (ou non) changer pour les conducteurs français

À court terme, la situation reste simple : rien ne change pour les automobilistes. La France conserve son système actuel : un contrôle à quatre ans, puis tous les deux ans. Le tarif ne fait l’objet d’aucune réforme, et aucune accélération du calendrier n’est prévue au 1ᵉʳ janvier 2026, contrairement à ce qu’affirmaient certaines rumeurs. L’AFP Factuel avait d’ailleurs corrigé plusieurs informations exagérées en rappelant qu’« aucune réforme ne prévoit une explosion du nombre de points de contrôle ou une vague de contre-visites majoritaire dès 2026 ».

En revanche, un point continue d’évoluer : la vérification des rappels constructeurs. Le ministère de la Transition écologique a confirmé qu’un véhicule concerné par une campagne de rappel importante (airbag, sécurité active, etc.) pourra être refusé au contrôle technique si l’intervention n’a pas été réalisée. Cette obligation existe déjà sur plusieurs défauts critiques, et pourrait être étendue progressivement.

Côté européen, même si le Conseil bloque l'annualisation, la procédure n’est pas totalement close. Le Figaro rappelle qu’« l’orientation générale adoptée par le Conseil constitue un accord politique préliminaire » dans le cadre du processus législatif. Ce mandat servira aux négociations à venir entre Commission, Parlement et Conseil. Tant que les discussions institutionnelles ne sont pas achevées, une version amendée de la mesure pourrait réapparaître, même si ses chances se réduisent fortement.

En pratique : que doit anticiper l’automobiliste ?

Même si la France ne soutient pas le contrôle technique annuel, les propriétaires de voitures anciennes doivent rester vigilants. Les taux de défaillance restent nettement plus élevés sur les véhicules âgés. Selon les données consolidées mentionnées dans plusieurs rapports publics, l’écart atteint environ 4 à 5 points entre les voitures de moins de dix ans et celles dépassant cette ancienneté.

Pour le consommateur, les implications concrètes sont donc les suivantes :

  • Aucun passage annuel ne sera imposé en 2025 ou 2026.
  • Aucune explosion des contre-visites n’a été actée par les autorités.
  • Un suivi d’entretien plus strict reste essentiel, notamment sur les organes de sécurité (freins, direction, liaisons au sol).
  • Les rappels constructeurs doivent être pris au sérieux : ignorer une convocation peut bloquer la validation du contrôle.
  • La situation européenne reste mouvante : le Parlement n’a pas encore donné sa position, même si le Conseil réduit fortement les probabilités d’aboutissement.

Pour les foyers dépendant d’un véhicule ancien — souvent les plus modestes, comme l’a rappelé Philippe Tabarot en soulignant que la mesure aurait « frappé d’abord nos concitoyens qui n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture plus récente » — le refus européen d’aller vers un contrôle annuel apporte un répit bienvenu.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

No comment on «Votre voiture a plus de 10 ans ? Ce qui change réellement pour le contrôle technique»

Leave a comment

* Required fields