Voyages : cette destination qui ne fait plus rêver les Français

Alors que les voyages internationaux ont progressé en 2025, portés par une demande mondiale soutenue, les départs vers les États-Unis depuis la France enregistrent une nette baisse, souligne Le Figaro. Une divergence qui ne traduit pas un ralentissement global du tourisme, mais un décrochage spécifique de la destination américaine.

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By Aurélie Giraud Published on 23 janvier 2026 10h28
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Certaines destinations comme les États-Unis enregistrent un recul marqué depuis l’Europe. - © Economie Matin
1,52 MILLIARDNombre de touristes internationaux dans le monde en 2025.

Le contraste est frappant. D’un côté, les chiffres officiels de l’ONU Tourisme confirment un retour durable de la croissance du tourisme mondial. De l’autre, les professionnels français du voyage constatent une désaffection marquée pour les États-Unis, tant sur les ventes passées que sur les réservations à venir. Deux réalités qui coexistent, sans se contredire, mais qui révèlent une recomposition des flux touristiques.

Voyages : une croissance mondiale solide en 2025

Selon le communiqué officiel publié fin janvier par l’ONU Tourisme, 1,52 milliard de touristes internationaux ont voyagé dans le monde en 2025, soit environ 60 millions de voyageurs supplémentaires par rapport à 2024. L’organisation parle d’une hausse de 4%, marquant un retour vers les rythmes de croissance observés avant la pandémie.

Cette dynamique repose sur une demande de voyages restée élevée, malgré la persistance de l’inflation sur les services touristiques et un contexte géopolitique tendu. L’Europe demeure la première destination mondiale avec près de 793 millions d’arrivées, en hausse de 4% sur un an et de 6% par rapport à 2019.

L’Afrique et l’Asie-Pacifique figurent parmi les régions les plus dynamiques. L’Afrique affiche une progression de 8%, portée notamment par l’Afrique du Nord, tandis que l’Asie-Pacifique poursuit son redressement avec +6%, confirmant le retour progressif des grands marchés émetteurs.

« La demande de voyages est restée forte dans toutes les grandes régions du monde », souligne l’ONU Tourisme dans son communiqué, tout en alertant sur les incertitudes économiques et géopolitiques pour les mois à venir.

États-Unis : une destination en perte de vitesse depuis la France

Cette croissance mondiale ne se traduit pas mécaniquement par une hausse pour toutes les destinations. Le Figaro souligne ainsi que les ventes de voyages organisés vers les États-Unis ont reculé d’environ 15% depuis la France sur un an, selon les données des tour-opérateurs français.

La tendance est encore plus marquée pour l’avenir. Les professionnels évoquent une chute proche de 30% des réservations pour l’été 2026, un signal préoccupant pour une destination longtemps considérée comme incontournable sur le marché français.

Ce recul n’entre pas en contradiction avec les chiffres mondiaux de l’ONU Tourisme. Le communiqué précise d’ailleurs que la progression des arrivées dans les Amériques s’est limitée à environ 1% en 2025, avec des performances très contrastées selon les pays. Les États-Unis figurent parmi les marchés les plus en retrait sur la fin de l’année.

Effet Trump, coût du voyage et image de la destination

Pour les professionnels interrogés par Le Figaro, plusieurs facteurs expliquent cette désaffection. Le premier est politique. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche est régulièrement cité comme un frein psychologique pour une partie des voyageurs européens, sensibles à l’image du pays et aux discours sur l’immigration.

À cela s’ajoute un durcissement perçu des formalités d’entrée, notamment dans le cadre du programme d’exemption de visa (ESTA), ainsi qu’un niveau de prix jugé dissuasif. Hébergement, transport intérieur et restauration ont fortement renchéri ces dernières années, dans un contexte où les budgets vacances restent contraints.

Il y a clairement un effet Trump, on ne peut pas l’ignorer

reconnaît le président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), cité par Le Figaro, évoquant également un problème de compétitivité prix.

Un marché mondial en recomposition

Les données de l’ONU Tourisme confirment que les flux touristiques se redistribuent. Les voyageurs privilégient davantage les destinations perçues comme accessibles, stables et offrant un bon rapport qualité-prix. L’Europe bénéficie de cette recomposition, tout comme certaines destinations africaines et asiatiques.

Pour les États-Unis, le défi est donc double : regagner l’attractivité auprès des clientèles européennes tout en s’adaptant à un marché mondial devenu plus concurrentiel. À l’échelle globale, la croissance des voyages se poursuit, mais elle ne bénéficie plus automatiquement aux destinations historiques.

Le tourisme mondial en chiffres

🌍 +4% : hausse des arrivées touristiques internationales en 2025

✈️ 1,52 milliard de touristes dans le monde

🇪🇺 Europe : première destination mondiale (793 millions d’arrivées)

🇺🇸 États-Unis : –15% de ventes de voyages organisés depuis la France

📉 Été 2026 : près de –30% de réservations anticipées vers les USA

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Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

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