Depuis 2024, le décret n° 2022-1199 oblige Waze et Google Maps à prioriser les trajets écologiques plutôt que les plus rapides. Cette mesure gouvernementale impose aux automobilistes français des itinéraires plus longs, avec un coût réel en temps et en carburant, pour un impact environnemental quasi nul au regard de la faible contribution française aux émissions mondiales de CO2.
Waze et Google Maps : le coût caché des trajets écologiques imposés

Depuis 2024, les automobilistes français subissent une obligation peu connue mais coûteuse : Waze et Google Maps privilégient des trajets allongés au nom de l'écologie. Le décret n° 2022-1199 oblige ces plateformes à proposer en priorité les itinéraires générant le moins d’émissions de CO2, au détriment des parcours les plus rapides. Quel est l'impact réel de cette mesure sur votre temps et votre budget ?
Un impact financier sur les ménages
Selon la législation, « les services numériques qui facilitent les déplacements multimodaux » doivent prioriser les itinéraires à faible impact environnemental. Dans les faits, Waze et Google Maps mettent en avant des trajets écologiques, souvent plus longs. Bien que les utilisateurs puissent revenir aux trajets rapides via les paramètres, beaucoup l'ignorent. Cette modification gouvernementale force donc un choix entre temps et écologie à chaque déplacement.
Pour les professionnels itinérants, comme les artisans ou les livreurs, le temps est précieux. Un allongement de 10% par trajet peut représenter jusqu'à 45 minutes perdues par jour, soit des milliers d'euros de productivité perdue sur une année. Même Cartes.gouv.fr développée par l'IGN n'échappe pas à cette règle.
Selon les essais de Google, l'option d'itinéraire économique en carburant peut réduire la consommation de 30%. Cependant, les trajets plus longs en milieu urbain, avec leurs nombreux arrêts, augmentent la consommation réelle, contredisant l'objectif initial. Le décret impose même une réduction de vitesse sur certaines portions, prolongeant encore les trajets.
Un impact environnemental marginal
La France représente 0,9% des émissions mondiales de CO2, et le transport routier en est responsable pour 30%. Les trajets individuels optimisés par Waze ou Google Maps n'en forment qu'une infime partie. Pendant que les Français subissent des trajets rallongés, la Chine, les États-Unis et l'Inde continuent d'augmenter leurs émissions.
L'Agence internationale de l'énergie prévoit une réduction de 40% des émissions françaises d'ici 2035 grâce aux véhicules électriques et aux moteurs thermiques améliorés, indépendamment des modifications d'itinéraire. Le décret ne cible pas les poids lourds, pourtant responsables d'une grande partie des émissions.
Un décalage entre politique et réalité
Laurent Probst, directeur général du Syndicat des transports d'Île-de-France, a déclaré au sujet des négociations avec Google Maps avant les JO 2024 : « S'ils ne le font pas, il faudra que l'État prenne les décisions nécessaires. » Cette approche autoritaire, sans consultation des usagers, impose aux automobilistes un coût en temps et en carburant. Pendant ce temps, Waze propose des fonctionnalités ludiques sans pouvoir corriger l'absurdité des trajets imposés.
Les ménages français subissent une écologie de façade qui alourdit leur budget sans bénéfice climatique notable. Tant que Google Maps introduit de nouvelles fonctionnalités dans un cadre contraint, l'efficacité économique est sacrifiée au profit de symboles politiques. La question reste : combien de temps les automobilistes accepteront-ils ces coûts cachés avant que le pragmatisme l'emporte ?
