Make our paysans feel great again Mister President !



Demain s'ouvre le Salon de l'Agriculture, moment unique de retrouvailles, presque de communion entre la capitale et ses campagnes. Le salon peut s'ouvrir sur fond de crise ou être le marqueur de nouvelles perspectives pour l'agriculture, les agriculteurs ont besoin de signes forts !

Après le temps des promesses

Le Salon de l’Agriculture 2017 fut celui des promesses, il a reçu sur fond de crise agricole la plupart des prétendants à la magistrature suprême. Les urnes ont donné leur verdict donnant à la France un Président de la République dont la jeunesse n'a d'égal que la volonté de rupture sur la manière de faire de la politique.

Soit, qui s'en plaindra tant le système semblait usé. S'en sont suivis des États Généraux de l'ALIMentation où chacun a pu s'exprimer, le résultat est porteur d'espoir. Maintenant le temps du débat est passé, vient celui des décisions. Elles s'esquissent sans que pour le moment nous ne puissions véritablement réaliser ce que sera le tableau final.

Pour que les mots deviennent des actes, de nouvelles relations commerciales doivent être établies mais jamais les négociations entre la distribution et leurs fournisseurs n'ont été aussi dures. Les demandes de baisse de prix sont systématiques, les démarches qualité sont banalisées, et la RSE rangée au placard à gadget. Le comportement des négociateurs est sans scrupule et le cynisme des menaces de déréférencement rivalise avec les comportements de voyous.

Alors depuis quelques jours nous voyons revenir les tracteurs devant les grandes surfaces, et les espoirs des paysans d'un retour aux justes prix de leurs productions, se rangent petit à petit au rang des illusions. La confiance part quand les mots ne restent que des mots, et que les actes ne suivent pas.

La crainte d'un accord irresponsable

La crainte augmente encore avec la menace d'un accord avec les pays du MERCOSUR et pourrait donner au Brésil, à l'Argentine, à l'Uruguay, et au Paraguay la possibilité de déverser sur nos étals 70 000 tonnes de bœuf, 600 000 tonnes d'éthanol, et 100 000 tonnes de sucres supplémentaires. La viande nourrie à coup d'hormones et d'antibiotiques arrive et va envahir nos cantines. Les cultures OGM issues de la déforestation des forêts primaires du poumon de la terre qu'est l'Amazonie vont sans coup férir remplacer les productions de nos plaines.

Où est la promesse d'une agriculture française redynamisée ? Les paysans ne comprennent plus, à quelques jours de l'ouverture de leur Salon ils sont dans la rue, mais souvent comme pour un dernier baroud d'honneur d'une profession qui se meurt.

L'innovation est dans le pré

L'espoir commençait à renaître dans les campagnes. L'envie de participer à un new deal avec le pays est palpable. L'innovation est au cœur du 55ème salon. Je serai toute la semaine avec mes amis de La Ferme Digitale dans l'espace sur l'espace Agriculture 4.0 pour montrer l'excellence de nos jeunes startups. Dimanche nous accueillerons sur le stand Stéphane Travert pour la finale d'Agreen Startup, le concours que j'organise avec les Chambres d'Agriculture. Toute la semaine nous y aurons des manifestations pour montrer au monde ce dont nous sommes capables en matière d'innovation. Juste à côté les organisations professionnelles seront dans le même esprit.

Le changement est en marche ! Alors au moment où les meilleurs produits de nos terroirs sont préparés pour le concours général agricole, où les plus beaux animaux des races de France convergent vers la capitale pour montrer l'excellence de nos territoires, les paysans français ont besoin d'espoir. Pour que le Salon de l'Agriculture soit réussi, faites que nos paysans se sentent à nouveau, bien Monsieur le Président ! Make our paysans feel great again Mister President !


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