Covid-19 : Analyse comparative européenne avec données mondiales plus réelles

0,6 %
Le déficit public de l'Union européenne s'est élevé à 0,6 % du PIB.

Depuis l’arrivée de ce Covid-19, nous sommes inondés de chiffres et beaucoup attendent le soir les nombres de décès français y compris mondiaux, très différents d’un pays à l’autre. Sans compter que chaque pays ne se trouvent pas à la même période de l’épidémie.

En premier nous avons la Chine qui a été la première à annoncer l’arrivée du virus. Après plus de deux mois de confinement, elle a recapitulé un nombre total de 3341 décès. Chiffre extrêmement faible compte tenu de la population ? Ne polémiquons pas !

Selon les derniers chiffres du 14 avril 2020 au soir, 185 pays ont déclaré avoir été touchés par le virus, ce qui représenterait environ 2 millions de personnes atteintes, 126.000 décès et 465.000 guéries. En nombre ce sont les Etats-Unis qui ont le plus de décès : 26.000, puis l’Italie avec 21.000, l’Espagne 18.250, et la France 15.729. Pour compléter ce chiffre, il y a eu 103.573 cas déclarés, 32.292 personnes encore hospitalisées, 6 730 en réanimations (Nombre qui diminue depuis six jours). Les scientifiques estiment qu’environ 10% de la population française aurait déjà été infectée par le Covid-19.

 Ces chiffres « lancés » tous les soirs (le nombre fait peut-être le buzz) ne veulent rien dire s’ils ne sont pas comparés à l’importance de chaque pays. Remettons les compteurs à l’heure. Regardez bien le tableau ci-dessus : La colonne à l’extrême droite représente le pourcentage de décès par 100 habitants. Si on fait le classement de cette colonne, on peut constater que la hiérarchie par pays diffère des chiffres bruts annoncés, notamment pour les Etats-Unis.

Les Etats-Unis dont on entend toujours parler tous les jours sont pour l’instant, très loin derrière en pourcentage par habitant.

Quels sont les pays les plus touchés en Europe ? Existe-t-il une corrélation géographique et financière ?

Avec ce virus, il semble qu’il y ait une similitude entre la virulence de son invasion, la « forme » financière des pays et leur situation géographique ?                       

Les plus « touchés » par ce virus semblent être ceux qui sont les moins bien gérés financièrement ou même économiquement.

Regardez les deux cartes ci-dessous, la première représente les déficits ou gains de chaque pays d’Europe, la deuxième représente les dettes nationales.

Déficit de chaque pays

Rouge pour ceux qui dépassent les 3%, Vert ceux qui sont en positif, Marron proches du 3%, Beige ceux qui se rapprochent du zéro.

Vous pouvez remarquer que cette carte peut représenter à peu de chose près (à part la Suède) le niveau d’invasion du Covid-19 en Europe.

Le déficit public de l'Union européenne s'est élevé à 0,6 % du PIB. Dans la zone euro, le déficit a représenté 0,5 % du PIB, soit un recul de 0,5 point en un an.

Dans l'UE28, les recettes publiques se sont établies à 45 % et les dépenses publiques à 45,6 % du PIB. Trois ans plus tôt, en 2016, les recettes ne représentaient que 44,6 % du PIB, alors que les dépenses atteignaient 46,9 %, soit un déficit public de 2,3 %.

Deux pays ont encore atteint ou franchi le seuil des 3% de PIB de déficit public : la Roumanie (3,0 %) et Chypre (4,8 %).

Le déficit public de la France pour 2019 s'établit à 72,8 milliards d'euros, soit 3,0 % du produit intérieur brut (PIB), après 2,3 % en 2018.

En 2020, le déficit va exploser, avec les cadeaux donnés au Gilets Jaunes et surtout avec les dépenses astronomiques dédiées aux « dégâts » engendrés par ce virus. Il est question de 7% de déficit, du jamais vu !

Dette de chaque pays

Rouge ceux qui sont au-dessus du PIB, Ocre ceux qui flirtent avec. Les autres sont tous en positif par ordre croissant, le Jaune, puis le Vert clair et les meilleurs avec le Vert foncé

La dette publique, qui représente la dette de l'Etat, c'est-à-dire l'ensemble des emprunts contractés par l'Etat, ne doit pas être confondue avec le déficit public qui est un solde annuel négatif entre des recettes et des dépenses.

Trois pays ont des dettes très importantes, par ordre : La Grèce, l’Italie, la Belgique. La France (vient de dépasser le PIB), l’Espagne est proche avec 95.5% du PIB.

Soit cinq pays qui sont dans le peloton de tête des plus infestés !

Seul le Portugal pays du Sud, dénote car peu contaminé avec pourtant une dette dépassant le PIB.

On retrouve d’ailleurs les distensions qui existent au sein de l’UE entre ceux qui gèrent mieux et les autres. Les premiers faisant des remarques sur leur gestion défectueuse et les autres demandant la mutualisation des dettes.

Difficile de trouver un accord, tellement les écarts sont importants et les gestions très différentes.

Conclusion : Il existe certainement une loi de cause à effet, celle du Karma. Les pays les mieux gérés, ceux qui génèrent des bénéfices ont des finances à leur disposition pour allouer tous les moyens nécessaires à leurs administrations, pour travailler dans les meilleures conditions possibles. Y compris pour rémunérer correctement tous les fonctionnaires. Cela permet à ceux-ci de travailler avec sérénité et ne pas penser à faire grève pour demander des moyens pour travailler correctement et des salaires plus conformes à leur métier. Cela est vrai pour presque toutes les administrations.

Autre facilité, c’est de ne pas être obligé, comme en France, à recourir aux emprunts pour boucler tous les budgets. Mais aussi de bénéficier de prêts à des taux nettement inférieurs à ceux des endettés.

Cette crise va encore creuser très fortement le fossé existant entre les nordistes et les sudistes.

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.