L'info santé du jour : Colchicine : le nouvel espoir des malades du Covid-19 ?

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La Colchicine réduirait de 21% le risque de décès ou
d'hospitalisations chez les patients atteints de Covid-19

Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 piétine, l’espoir d’un traitement efficace réduisant les risques d’hospitalisation plane toujours. La controversée hydroxychloroquine n’a pas convaincu, mais quid de la Colchicine ? Selon une récente étude menée par l'Institut de Cardiologie de Montréal, la prise de colchicine pourrait réduire le risque d'hospitalisations et de décès chez les personnes positives au Covid-19.

Le colchique au secours des malades du Covid-19 ?

Réduire le risque de complications liés au Covid-19 en traitant les malades au plus tôt et diminuer ainsi le nombre d’hospitalisations. Cette étude https://www.icm-mhi.org/fr/salle-presse/nouvelles/colchicine-reduit-risque-complications-liees-covid-19 québécoise, qui annonce une « découverte scientifique majeure », fait renaître l’espoir d’un traitement contre le Covid-19, à l’heure où la France s’apprête à se reconfiner et que l’immunité collective semble s’éloigner. Dans un communiqué rendu public le 23 janvier dernier, les chercheurs de l'Institut de Cardiologie de Montréal, la Colchicine serait « le premier médicament oral au monde qui pourrait traiter les patients en phase pré-hospitalière », affirme l'ICM dans un communiqué rendu public vendredi dernier.

Cette étude, menée au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud sur 4.488 patients dont le diagnostic de COVID-19 était prouvé par un test naso-pharyngé (PCR), a « démontré que la colchicine a réduit de 21% le risque de décès ou d'hospitalisations chez les patients atteints de Covid-19 comparativement au placebo », souligne l'ICM dans son communiqué.

Un traitement inespéré ? « La prescription de la colchicine aux patients pourrait contribuer à atténuer les problèmes d’engorgement des hôpitaux et de réduire les coûts liés aux systèmes de santé des gouvernements d’ici comme ailleurs » soutiennent les chercheurs. Mais ne nous emballons pas ! Ce médicament utilisé pour soigner les patients testés positifs au Covid-19 est loin de faire l’unanimité…

Traitement du Covid-19 par la Colchicine : une étude controversée

Si ce traitement à base de Colchicine a été autorisé le 25 janvier en Grèce par exemple, les scientifiques restent pour le moment prudents : ces résultats encourageants mis en avant par l’étude québécoise méritent de nouveaux essais, notamment pour analyser plus précisément la balance bénéfice-risque, notamment sur les effets secondaires.

Ce médicament, qui n’est pas nouveau, est déjà utilisé pour soigner la goutte et les péricardites. Élaboré à partir d’extrait de colchique, il appartient à la famille médicamenteuse des « poisons du fuseau » permettant de bloquer la division cellulaire, c’est-à-dire une substance empêchant la formation et le fonctionnement normal du fuseau qui apparaît dans la cellule au moment de sa division.

La Colchicine est donc prescrite sous étroite surveillance médicale, car « la dose thérapeutique est proche de la dose toxique » peut-on lire sur le site du  Réseau Français des Centres de Pharmacovigilance (RFCRPV). Les effets d’un surdosage peuvent être dramatiques : « La colchicine est un médicament à marge thérapeutique étroite, ce qui signifie que toute variation de sa concentration dans votre organisme, même légère, peut éventuellement entraîner des effets indésirables, potentiellement graves » et « Il n'existe, à ce jour, pas d'antidote disponible de la colchicine ». Par ailleurs, ce médicament a de nombreuses interactions avec d’autres médicaments prévient encore le Réseau de Pharmacovigilance.

Alors, Hydroxychloroquine, Colchicine, même espoir et même avenir sur le front du Covid-19 ? Affaire à suivre !


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Aurélie Giraud

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice sur de nombreux manuscrits de livres, dont ceux de son mari, Jean-Baptiste Giraud, puis secrétaire de rédaction.