Consigne verte, vers une éclaircie

25 CENTIMES €
La consigne en Allemagne est de 25 centimes sur les bouteilles en
plastique.

Aujourd’hui, la consigne est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. La consigne s’efface encore un peu demain. Subissant une diminution dans les années 1980 dû à un manque de volonté industriel et une législation européenne contraignante la consigne ne se voit plus que localisée ponctuellement. Il est temps de remettre au goût du jour ce système de recyclage dans l’industrie pour un monde plus économe et écologique.

Le législatif industriel Français soutient la consigne

Le rétablissement de la consigne est urgent pour construire l’industrie de demain. Cette prise de conscience émane de la société civile avec la « loi Climat » qui souhaite rétablir la consigne sur inspiration de la Convention citoyenne pour le climat. Ainsi, la consigne s’appliquerait en France à partir de 2025 et imposerait aux industriels d'organiser leur récupération et leur réemploi. Permettant de rendre chaque citoyen responsable de son action écologique en le rémunérant par une petite somme en espèce de 8 à 25 centimes, la consigne se voit comme la solution.

L’UE gardienne du tout jetable

L’UE empêche l’interdiction pure et simple des bouteilles à usage unique. Les Européens de l’est comme de l’ouest se battent en faisant des pétitions pour interdire les bouteilles à usage unique. Par exemple, en Allemagne plus de 120 000 signatures réclament l’interdiction pure et simple des bouteilles à usage unique. Se réfugiant dans l’argument de « lutte contre la discrimination », Bruxelles bloque tout initiative sur ce changement. De fait, la consigne oblige les industriels à uniformiser les bouteilles en renonçant à bon nombre de différenciations marketing afin de faciliter le recyclage.

Pour mieux dire, la consigne se voit à l’initiative de chaque pays, sans harmonie législative entre les différents états européens. Pour l’industrie française, il est temps de prendre les devants sur la question de la consigne avant de céder au législatif.

Le modèle allemand industriel de « Pfand »

La consigne - « Pfand » en allemand - existe depuis quinze ans et permet aux consommateurs de ne pas rentrer dans une écologie punitive mais positive. Ainsi, plus le trie sera fait, plus des emplois industriels seront créés. En 2000 l’Allemagne compte une création de 80 000 emplois, ce qui peut être estimé à 60 000 emplois créer en France et 300 000 en Europe. Une étude menée par la Commission européenne admet que le disparition des emballages consignés au profit des emballages à usage unique entraînerait la perte de 53 000 emplois. Bien que demandant un important investissement entre la mise en place de la collecte et le centre de tri qu’il est difficile d’estimer - à plusieurs milliards d’euros - les bénéfices à long terme ne peuvent faire l’économie d’une industrie sans consigne.

L’industrie au coeur de ce changement

Dans un esprit de justice sociale la consigne serait l’occasion d’employer les personnes dans la précarité qui vont collecter chaque résidu et recevront en échange une rémunération, c’est-à-dire une véritable valeur et une place dans notre société. L’industrie se voit alors garantir un approvisionnement régulier dans ses usines créant un capital humain fort en faveur de la cause écologique. Avec la création des surfaces dédiées au stockage, une redynamisation des économies locales verra le jour permettant la création d’emplois non délocalisables. Également, la réduction d’importation de matériaux stratégiques garantira une plus forte indépendance industrielle. Autrement dit, la consigne permet une réduction de la chaîne d’approvisionnement et réduits les frais de transports.

Ainsi, bon pour l’environnement comme pour l’économie, l’industrie française peut prendre les devants européens en se verdissant par la consigne.


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Matthieu Verry

Matthieu Verry est vice-président d’Ecologie Responsable, c’est un étudiant en finance et philosophie à l’Université Panthéon-Sorbonne et Sorbonne-Université. Matthieu rejoint le Crédit Agricole en 2021 après avoir travaillé au sein de la maison d’investissement Edmond de Rothschild et obtenu la certification AMF. En parallèle, il réalise un Mémoire de philosophie cherchant à replacer l’humain au sein de son environnement. Il est passé par l’Université de Zürich et Paris-Saclay. Il a notamment travaillé pour Thales, au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans une fondation sur la technologie et dans un cabinet d’audit et d’expertise comptable. Pour financer ses études il a été employé au Fouquet’s et au théâtre de Paris.